Métro-bar #14: De La Concorde

Nous l'attendons depuis un moment, et c'est finalement le mardi 26 mai dernier que nous pigeons le métro De la Concorde. C'est notre première soirée à Laval depuis le début de ce défi, et nos attentes se trouvent quelque part sur la planète Saturne. Dans toutes nos discussions entourant ce projet, on se disait que De La Concorde serait probablement l'une des stations les plus difficiles où trouver un bar à distance de marche. Voyons donc comment ça s'est déroulé.


Premier constat : la station Montmorency n'est pas située très loin au nord-ouest. Nos possibilités d'exploration dans cette direction sont donc très limitées. On identifie quelques secteurs à explorer inévitablement, avant de pouvoir déclarer que cette soirée est un échec : le boulevard De la Concorde surtout vers l'est, puisque la station Cartier est très loin, le boulevard Laval au sud jusqu'à au moins le boulevard Cartier, sinon jusqu'au boulevard des Prairies, ainsi que l'avenue Ampère, entre De La Concorde et Cartier.

On commence donc par explorer les alentours de la station, afin d'en admirer l'architecture qui est très réussie. L'aménagement intermodal avec la gare de trains est un modèle à suivre.
Je vous invite à le constater en observant les photos et cette appréciation architecturale, selon Matt.

On descend donc vers le boulevard De La Concorde. Rien ne nous frappe à première vue. Le boulevard, large artère typiquement lavalloise, nous mène vers l'ouest jusqu'à une trop vaste intersection clairement lavalloise, et c'est ici que nous tournons vers le sud sur le boulevard Laval. Nous pourrions aller un peu plus à l'ouest, mais la prochaine rue transversale se situe à environ dix minutes de marche rapide, et la station Montmorency serait trop proche. Ce sera pour une autre fois.

Malgré l'insignifiante guerre de hargne entre les deux hémisphères du 450, et malgré nos origines (je vous rappelle que nous provenons de la rive sud du fleuve), on n'est pas tellement dépaysés en longeant le pittoresque et très résidentiel boulevard Laval, qui est très majoritairement résidentiel, avec quelques commerces de temps en temps (un garage de silencieux, le dépanneur E.T. (?!)).

Rendu au boulevard Cartier, nous hésitons. Est-ce qu'on continue vers le sud jusqu'à la rivière? Un bar au bord de l'eau, ça se peut. Et c'est même sûrement agréable. Mais on n'a pas trop envie de marcher, alors on emprunte Cartier vers l'est, passant cette fois par-dessus la voie ferrée. Notre vue en surplomb d'une cour arrière délabrée et de la vieille maison qui vient avec nous amène à nous arrêter un moment, et à admirer.

À peine descendus du viaduc, une vision nous frappe, devant nous, à l'intersection de la rue Ampère (qu'on planifiait explorer de toute façon). On aperçoit le restaurant Pinocchio. De la nourriture!! Et le Bar Dallas. De la bière!... Un bar!!! On a réussi!

Premier arrêt au restaurant, histoire de faire provision d'un trio avec frites pour emporter.
Nous portons notre nourriture de l'autre côté de l'avenue Ampère, au Dallas Resto Pub. L'enseigne, placée au haut d'un mât dans le stationnement au coin de la rue, prend la forme d'une insigne de marshall du Texas. Très classy. Tranquille pour cause de mardi soir, mais sympathique comme endroit. Grand pour le genre. Écran géant avec la game. Tables de billard. Console de son et espace pour DJ. Scène. Petite pièce casino dans le fond. Bref, plusieurs styles de bar dans le même endroit.

À notre arrivée, il reste 5 minutes au spécial. Bière Molson à 2$. On en fait provision. On suit du coin de l'oeil l'élimination des Hurricanes, on débat pendant toute la soirée sur l'âge de la barmaid, on se fait interpeller par un dude qui porte fièrement un chandail des Blackhawks, on finit par jouer au pool et à manquer de bière. C'est maintenant 4$ pour la même Molson...

Une anecdote. Je demande à la barmaid où je peux trouver un dépanneur. Elle m'indique un Couche Tard, «juste à côté, au coin de la rue». C'est ainsi que je découvre le «juste à côté» lavallois. Trois minutes de marche (je dirais au moins cinq, et je marche vite), c'est «pas loin», ce n'est pas «juste à côté», sauf si on parle à plus grande échelle. À l'échelle d'un bar, c'est «pas loin». Bon.

Le suspense de la soirée concerne l'âge de la barmaid. Faudrait-il la carter? Notre incompétence à l'estimation de l'âge des gens se fait de plus en plus criante. On dirait que dans un rayon de dix ans plus jeune ou plus vieux, la confusion la plus totale règne dans notre esprit. Finalement, il nous apparaît clair qu'elle est vraisemblablement au début de la vingtaine.

Ce n'est pas la soirée du siècle, mais c'est l'une des meilleures surprises à date du rallye métro-bars. Il y a de quoi à faire au métro De La Concorde, même si on est un mardi soir! On est retourné paisiblement vers le métro en remontant l'avenue Ampère, qui n'avait absolument rien d'autre à nous proposer comme divertissement. Si ce n'avait été du Bar Dallas, cette soirée aurait été un échec aussi désolant que celui du métro De La Savane.

Mais ce fut pas le cas. De La Concorde: 1, De La Savane: 0.


(Ceci est un savant mélange des comptes rendus individuels des deux artisans de ce projet.)

Métro-bar #13 : Saint-Laurent

Wow. Pour cette édition spéciale du rallye métro-bars, nos invités ont été amplement choyés. Merci d'ailleurs à Christine, John, Guylaine et Julien de s'être joints à nous hier soir pour explorer les alentours, et découvrir les trésors cachés du métro Saint-Laurent.

Tel que nous l'avions annoncé, nous attendions donc à 19h00 devant les tourniquets de la station. On discute d'abord brièvement de stratégie d'exploration. Malgré toutes les promesses que recèle le nom de la station, nous devons nous rendre à l'évidence : nous n'irons pas très loin. À l'est, l'édicule de la sortie Saint-Denis de Berri-UQAM est situé tout près. À l'ouest, c'est la Place des Arts qui nous regarde de haut. Au sud, la ligne orange fait du boulevard René-Lévesque notre limite.

C'est au nord que la Main s'étend, où on trouve tout plein de places branchées, et tout ce que ça implique. Mais un instant... Déjà à la rue Prince-Arthur, le métro Sherbrooke est plus près. Rendus au coin d'Ontario, Raton se rappelle qu'il n'y a rien vers le nord d'ici Sherbrooke, à part le cabaret du Musée Juste pour rire, qui ne présente sûrement pas la game Hurricanes - Penguins ce soir. Vers l'est, il y a des bars en face du cégep du Vieux Montréal, mais c'est trop près de Berri-UQAM.

Nous choisissons la rue Clark pour revenir vers le sud. Quelques travaux sont en cours dans le secteur. C'est un euphémisme en fait, car il faudrait plutôt dire que le secteur est en train d'être détruit pour en fabriquer un nouveau. Nous remarquons l'arrière des commerces du boulevard en déambulant, et nous nous souvenons du fait que le quadrilatère s'étendant de Sainte-Catherine à Réné-Lévesque et de Clark à Saint-Laurent s'apprête à tomber sous les coups d'expropriations et de recontruction. Ça paraît, c'est tout croche. À peine remis de notre soirée dans les hôtels autour du métro Bonaventure, nous considérons brièvement l'option. Mais pas vraiment...

L'enseigne d'un commerce sans rapport avec nos intérêts arbore le mot «taverne» sur ses flancs gauche et droit. Mais le commerce n'a rien à voir avec de la bière. Ça fait deux fois qu'on se fait berner par ce mot invitant (voir le compte-rendu de notre soirée au métro Villa-Maria).

Résignés, nous revenons sur Saint-Laurent et c'est alors que nous voyons l'endroit le moins accueillant de tous les temps, tout en sachant que c'est exactement là où on s'en va : le Midway, à l'ombre du Club Soda. Une taverne tout ce qu'il y a de plus obscur et peuplée d'habitués, en plein coeur de l'ancien Red Light, du futur Quartier des spectacles, et à quelques pas de la fameuse intersection Saint-Laurent / Sainte-Catherine.

On y entre et il fait sombre, très sombre. Nous trouvons une place au centre du Midway, entourés de gens du troisième âge, ou même du quatrième. Nous nous souvenons du légendaire bar Sherbrooke, autrefois au coin de Sainte-Catherine et Sanguinet, et maintenant fermé après que l'UQÀM ait acheté l'édifice où il se trouvait. On dirait que les habitués du Sherbrooke se soient trouvés un nouveau nid ici. Plusieurs d'entre eux sont déjà attablés, cordés les uns à côté des autres face à la scène où Lyne Beauchamps fera son spectacle plus tard en soirée. À ne pas confondre avec Line Beauchamp. On commande chacun une grosse bière et le fun commence.

Un vieux monsieur nous regarde avec le plus grand sourire édenté que la vie m'ait donné l'occasion de voir. Le toit en forme de voûte au-dessus de notre table fait faire de l'écho à tout ce qu'on dit. La game de hockey sur la petite TV dans le coin n'intéresse personne. Même pas nous, en fait, tellement cet endroit est incroyable. Celui qu'on soupçonne être le gérant de Lyne Beauchamps s'attable près du stage, demi-litre de vin rouge à la main et costume de cowboy en prime. Dans notre monde imaginaire, il sera le Colonel Poitras. John soutient qu'il y aurait de quoi écrire un roman avec tous les personnages de cette taverne.



Une étrange machine attire notre attention. On y place les bouteilles de bière vides, et elle les mange. Nous n'avons jamais rien vu de tel. Voici une taverne du 21e siècle!



Des gens jouent avec le jukebox, ce qui fait que du pop-rap des années 90 précède Stairway To Heaven de Led Zeppelin et Janie's Got A Gun de Aerosmith. Et oui, ça commence à danser.

Le vieux monsieur de tantôt se bat avec les essuies-tout au bar après un accident d'éternuement. Il nous montre comment on se mouche dans un endroit comme celui où nous nous trouvons. La chose qui sortait de son nez aurait pu s'apparenter à une cravate. Unanimement, nous décidons que nous aurions pu nous en passer.

Le barman remarque bien notre émerveillement face à ce qui se passe autour de nous et nous fait remarquer qu'«ici, y'a un show de même tous les soirs et ça coûte rien. Y'a des choses ici que vous voyez jamais ailleurs». Un lutin passe devant nous (petit, oreilles pointues, avec chapeau, sans blague). Dans la salle de bains des filles, ouvrir le robinet d'un lavabo fait couler l'eau dans les deux lavabos en même temps. Le Colonel Poitras n'a pas bougé d'un poil, sirotant toujours son vin rouge.

Le bar possède une entrée secondaire à l'arrière, sur Saint-Dominique. Près de cette entrée se trouve une table de pool, et la Mission Métro-bar observe un nouveau défi. Nous sommes tous deux assez médiocres au pool. Il nous reste 55 stations de métro à explorer, et dorénavant, nous jouerons. Au soir 68, le dernier de notre mission, nous battrons quiconque s'y présentera. La présence d'une table de pool ne devient pas un critère, mais quand il y en aura une, nous devrons nous exercer. Nous verrons ce que ça donnera.

Dehors, près de la porte arrière, nous découvrons une petite porte d'à peine deux pieds de haut, qui mène probablement vers le monde magique des lutins (c'est de là que venait celui qu'on a vu plus tôt!).

Nous pourrions continuer comme ça pendant des pages. Ce fut la soirée la plus intense de la Mission, jusqu'à présent. Nous devrons déterminer si c'était la pire ou la meilleure, mais une chose est certaine, c'était indiscutablement la plus weird à ce jour. Heureusement que nous étions accompagnés d'invités, parce qu'on n'aurait probablement jamais enduré ça aussi longtemps. De 19h30 à minuit quand même, faut le faire.

Un arrêt à la pizzeria nous a permis de partager un repas en famille, avant de rentrer chacun chez soi.

L'idée d'inviter des gens était un succès. La deuxième soirée métro-bars ouverte au public aura lieu le samedi 6 juin prochain. La destination sera pigée et annoncée ici même à 18h cette journée. Le rendez-vous se tiendra à 19h. Soyez-y.

Métro-bar #12 : Bonaventure

La pige du métro Bonaventure dimanche dernier est la première incursion du rallye métro-bars dans le coeur du centre-ville, à l'exception peut-être du métro Guy-Concordia, qui a été notre destination lors de la toute première soirée de ce projet.

Encore une fois, les stations adjacentes (Square-Victoria, Lucien-L'Allier et Peel) sont situées très près d'où on se trouve. Et contrairement à ce qu'on pourrait croire, le secteur où on se trouve n'est pas des plus propices en bars. Il faut aller plus au nord, vers la rue Ste-Catherine pour en trouver. Mais c'est trop près de Peel. Contre nos règles. C'est Bonaventure qu'on a pigé.

Il y a le St-Hubert de la Gare Windsor. Même si c'est un restaurant, on peut y boire une bière sans manger. Mais il ne risque pas d'y avoir de sports à la télé. Après quelques explorations infructueuses à la Gare centrale et au 1000 de la Gauchetière, on décide plutôt d'aller vers le sud, dans le quartier pratiquement fantôme de Griffintown, autrefois un quartier irlandais très animé.

Nos explorations nous emmènent à observer des curiosités, à soupçonner la présence d'un bordel et à se buter à trois bars fermés. Je comprends qu'on soit dimanche soir, mais quand même. Le bar de l'ETS, le bar Griffintown et une autre taverne dont le nom m'échappe, au coin Wellington et De La Montagne sont tous fermés.



Nous remarquons une étrange présence de jeunes filles dans des tenues minimalistes. Pourquoi dans ce secteur? Il n'y a rien. Pourtant...

Nous émettons l'hypothèse que ces gens aient choisi leur quartier général en fonction de l'intersection où il se trouve. Au coin des rues William et Murray, une prostituée aurait été décapitée en pleine rue par une collègue à la suite d'une soirée où selon la légende, au 19e siècle, elle aurait baisé un individu que l'autre désirait... Les édifices présumément vides du secteur auraient donc une fonction. Tant mieux.

On remonte donc tranquillement vers le centre-ville, en se demandant bien comment on réussira notre mission cette fois. Oui, il y a toujours le St-Hubert, pour sauver les meubles. Bonaventure est plus un secteur d'hôtels que de divertissement.

D'hôtels... Il y a des bars dans les hôtels! Marriot, Sheraton, Reine-Élizabeth, Hilton, ils sont tous là! Un hôtel possède généralement un bar. Un plus un égale généralement deux.

Premier arrêt : le Marriot. Notre accoutrement inapproprié nous fait hésiter, mais fuck off, on rentre quand même. On se fraie un chemin jusqu'au bar, où on déguste une pinte assis au bar, en mangeant des amuse-gueules gratuits. On se sent presque dignes de l'endroit. Après un verre, on se dirige vers le Sheraton. Faut quand même en essayer plus d'un. Avant de partir, on constate qu'on a l'option de faire porter le montant notre addition à la facture de notre séjour. Il suffit d'indiquer notre numéro de chambre. «202, ça existe sûrement...»

Non, on ne l'a pas fait. Quand même.

Rendu au Sheraton, on est encore une fois assis au bar, pinte à la main. On se fait servir et respecter comme si on était client de l'hôtel. On engouffre les mêmes amuse-gueules gratuits qu'à l'autre place.

Il reste quelques hôtels dans le coin, mais un moment donné, ça va faire. Rien n'exclut toutefois qu'on se pointe au 737 (le bar au sommet de la Place Ville-Marie) lorsqu'on pigera McGill. C'est drôle de jouer aux riches de temps en temps. Mais pas trop souvent. Ça coûte cher.

Métro-bar #11 : Cadillac


C'était il y a deux semaines. Le hasard nous avait mené dans ce quartier de banlieue des années 70 en nous commandant de nous rendre au métro Langelier. Non seulement le quartier n'avait pas su nous charmer, mais les deux endroits les plus potentiellement intéressants qu'on avait trouvés se situaient à l'extérieur de nos limites. Trop près de Radisson à l'est, trop près de Cadillac à l'ouest.

Cette fois, le hasard nous y ramène. On sort à Cadillac. On sait donc qu'il y a au moins un endroit où on peut aller voir : le bar de billards El Cid. Au coin Sherbrooke / De Carignan. Mais avant tout, explorons un peu.

L'enjeu est de taille : si les Red Wings et les Hurricances gagnent ce soir (le mardi 12 mai), l'un d'entre nous aura été blanchi dans ses prédictions pour les séries en cours. Sans consultation, nous avons prédit exactement les mêmes victoires. La seule exception a été la série entres les Capitals et les Penguins.

On s'imprègne donc de la rue Sherbrooke en marchant un peu vers l'ouest. Le côté est de Cadillac, on le connaît déjà. Notre exploration des alentours de Langlier nous aura instruit sur le sujet.

Sherbrooke déçoit et on se dirige vers le sud sur Lacordaire. Même si le secteur devient sérieusement industriel/militaire à l'est de Viau, la rue Hochelaga a toujours quelques bonnes cartes en réserve.

On emprunte Hochelaga vers l'est et si c'est infructueux, on remontera Cadillac pour aller au El Cid. Ces perspectives d'échec s'éteignent aussitôt. Le bar aux 3 barils nous saute aux yeux, à notre grand plaisir. La vue de l'endroit nous laisse perplexe, voire nerveux. Situé à l'angle des rues Hochelaga et de Cadillac, l'endroit paraît tellement sombre de l'extérieur qu'on le croirait fermé. Mais c'est une feinte! La façade vitrée est teintée, très teintée, car à l'intérieur, il fait clair comme dans une cuisine. La clarté nous permet de remarquer plusieurs éléments décoratifs, pratiques et ludiques.


Une machine à change est encastrée dans un mur en bois (tous les murs sont en bois, naturellement); une petite distributrice de gomme au savon et d'arachides BBQ semble avoir été laissée à elle-même depuis 1984; le jersey officiel du bar est affiché au mur, dans un cadre; une autre machine permet de jouer à une variante de Tetris, et les prix à gagner varient d'un coffret DVD du Canadien à une sorte de Fleshlight, ainsi qu'un vibrateur mauve...

Malgré le nom de la place, on y découvre seulement deux pompes à bière en fut. S'y trouvent aussi une barmaid un peu trash, un corps étranger dans la bière de Ben, et bien sûr, un gros chien qui vient nous voir.

On avale notre pichet et à la fin de la période, on se pousse. On aura réussi au métro Cadillac. On a découvert le bar aux 3 barils. Maintenant, allons voir le El Cid.


Nous nous demandons combien de stationnements de mini centres commerciaux nous avons visités depuis le début de ce défi. De toute façon, nous sommes tous deux originaires des alentours du boulevard Tashereau, alors ces petites grappes de commerces de la rue Sherbrooke ne nous impressionnent guère.

C'est également la cas du El Cid. L'intérieur a un air résolument trop branché pour l'apparence extérieure et pour son emplacement géographique. Les fenêtres circulaires nous donne l'impression d'être dans un très sombre sous-marin où des tables de pool occupent une partie de la salle principale ainsi qu'une petite pièce en retrait. Le lounge VIP, supposons-nous, sans croire nécessaire de vérifier.

Nous commandons un gros pichet de Rickard's Red (il faut souvent s'en contenter, à défaut de trouver de la Boréale ou mieux). La serveuse nous annonce à l'avance que ce sera 19,50 $. Nous sommes bouche bée. Mais nous acceptons. Après tout, une fois n'est pas coutume, comme on dit. Et on ajouterait très justement qu'aucune fois subséquente ne risque d'être coutume à cet endroit non plus.

Voyant que Ben est habillé en yuppie ce soir (il revient de travailler), la serveuse s'excuse : «j'voulais pas vous insulter». Nous ne comprenons pas vraiment ses propos.

À part ce vol qualifié dont nous avons été victimes, le métro Cadillac nous aura procuré une soirée acceptable.

Métro-bar #10 : Villa-Maria



Pour son 10e anniversaire (?), le rallye métro-bars se paie le west-side! Nous aboutissons pour la première fois (première fois de ma vie, même à l'extérieur de ce projet) dans Notre-Dame-de-Grâce. Les environs de la station sont peu invitants, puisqu'on borde l'autoroute Décarie. Nous avons pigé Villa-Maria.

Comme d'habitude, nous délimitons notre territoire en urinant partout en consultant notre plan du secteur. Le vrai quartier est à l'ouest. Au nord et au sud, rien de bien majeur. Du moins rien qui vaille le détour. Et à l'est, notre plan nous montre un énorme terrain vide, avant les rues résidentielles de Westmount. Mais qu'est-ce?


Nous comprenons rapidement qu'il s'agit de Villa Maria, une école secondaire privée pour filles dont l'entrée à elle seule nous intimide par sa grille et sa longue allée bordée d'arbres. C'est drôle pendant un instant. On se sent comme deux ados attardés devant un collège de filles...


Plus loin, c'est Westmount. Alors non.


L'avenue De Monkland semble donc la principale artère commerciale du secteur. Trottoirs larges, agréables à marcher. Nous avons obtenu une information d'une source qui suggérait un joli pub nommé Ye Old Orchard au coin de la rue du même nom. En approchant, ça nous frappe comme une enseigne lumineuse turquoise de huit mètres carrés : euh... une enseigne lumineuse turquoise de huit mètres carrés proclamant «taverne» en lettres minuscules (ce qui est un peu contradictoire). Tout près se trouve Ye Old Orchard. C'est décidé, nous n'irons pas plus loin.


Le Old Orchard Pub nous appelle. On peut difficilement avoir mieux. On revient quand même observer à travers la vitrine de la TAVERNE pour voir... Trahison! C'est un p'tit resto de quartier! Tout cute! C'est la pire fausse représentation de l'histoire de l'affichage commercial. Claude F. Archambault a été saisi de la cause, soyez-en certains.


On entre donc au Old Orchard Pub, sur Monkland, tout juste à l'ouest de... l'avenue Old Orchard. Le hockey est présent sur les télés, mais sans le son. Hum... On juge que ça passe le test. C'est très achalandé pour un mardi. On s'asseoit au comptoir et on attend. Et on attend. Veut-on nous faire comprendre que les francophones ne sont pas les bienvenus ici? Attendez pas que j'appelle Julius Grey...


Finalement, on nous apporte menu et bière. Nous commandons chacun une pinte de Newcastle, j'y ajoute un scotch, et nous sommes heureux. L'endroit a de la classe, nous passerons une agréable soirée.


C'est alors que surviennent les surprises. Notre serveur, Milos (nom présumé), nous apporte des pâtes dans deux bols. Il nous informe que c'est gratuit parce que le pub possède un permis de restaurant et non de bar, ce qui l'empêche de servir uniquement de l'alcool à ses clients. L'escouade de la moralité peut aller se rhabiller, personne ne nous prendra pour des gens sortis boire une bière.


On regarde le match tranquilement, en discutant d'un autre vieux projet dément impliquant des bars... à chaque soir... Et que certaines personnes veulent faire renaître. J'exprime mes réserves. Et mon enthousiasme.


L'arrivée d'un chansonnier provoque notre départ hâtif. Nous nous dirigeons vers l'ouest, j'informe Ben du nom d'un hibiscus chez un fleuriste, nous parlons d'araignées... Et nous nous retrouvons parfaitement nulle part. Nous profitons du passage d'un autobus en direction opposée pour tenter de revenir au métro et trouver autre chose, et c'est à partir du véhicule en mouvement que nous remarquons un véritable bar qui nous avait échappé.


Nous sortons et marchons de nouveau vers l'ouest pour retrouver le Typhoon Lounge, apparemment un bar très couru par la population de Montréal-Ouest et du monde entier. Ce n'est pas vilain en effet. En fait, même rendu assis à l'intérieur, on n'est pas sûr qu'ils accepteront de nous servir, considérant notre apparence. Le menu propose plusieurs drinks servis dans des verres à Martini. De la Boréale rousse à 7,50 $... et de la Hoegaarden à 8 $. La différence est rarement si petite entre la Hoegardden et le reste. Le choix s'impose.


Nous trouvons de l'espace sur une banquette vacante en velours, et armés chacun d'une de ces immenses pintes de Hoegaarden, nous savourons la victoire des Canucks aux dépens des Blackhawks.


Un bar où la Hoegaarden coûte à peine 50 ¢ de plus qu'une pinte de Boréale, et où nous avons trouvé le premier urinoir noir que nous avions vu, c'est un bar qui mérite d'être considéré comme une spectaculaire victoire dans le cadre du rallye métro-bars.

Métro-bar #9 : Lionel-Groulx

L'idée du rallye métro-bars est issue principalement d'une soirée de l'hiver dernier où nous nous étions notamment promenés autour du métro Lionel-Groulx, à la recherche d'un bar. Notre quête fut alors sans succès et nous avions préféré quitter les lieux et reprendre le métro vers ailleurs.

Depuis, nos techniques de recherche se sont raffinées et notre Mission est devenue plus importante à nos yeux. En ce dimanche soir, nous devons donc réussir. Heureusement, nous n'aurons pas à marcher beaucoup. Les quatre stations adjacentes à Lionel-Groulx (Atwater, Charlevoix, George-Vanier et Place-Saint-Henri) sont situées assez près. Et les artères commerciales ne pullulent pas. On parle essentiellement de Atwater et de Notre-Dame.


Il fait encore clair et beau. La rue Atwater n'est pas très prometteuse et nous savons qu'il y a un bar sur Notre-Dame, vers l'ouest. Le Bar Chez Pierre. Mais selon ce qu'on a déjà vu, les non-habitués se font intensément questionner du regard s'ils osent se pointer là. Ce sera notre dernier recours.


On s'engage donc sur Notre-Dame, d'abord vers l'est. Mais notre limite est non loin. Peu après la rue Vinet, on s'approche trop du territoire de la station Georges-Vanier. On revient sur nos pas. On n'aura vu que quelques restaurants, un antiquaire et divers commerces inintéressants.


De l'autre côté d'Atwater, ça bouge déjà plus. On passe devant une taverne sombre et visiblement peuplée. À la télé, du baseball. C'est en fait le documentaire de RDS sur les Expos de Montréal. C'est gagnant. Car après le baseball, il y a le hockey. À 20h.


On continue tout de même, pour évaluer s'il y a d'autres alternatives. L'incroyable flotte de voitures orange stationnées de part et d'autre de la rue Notre-Dame du restaurant New System, mythique dans le sud-ouest, nous fait sourire. Encore une fois, la présence de poulet nous donne faim.


Soudain, on l'aperçoit. Le Bar Chez Pierre, aussi glauque, peu invitant qu'on puisse l'imaginer. Mais oh! Il est tout juste de l'autre côté de la rue Bourget. Il faudra piger Place-Saint-Henri pour y aller. Et de toute façon, il semble fermé...


On prend une pause sur un banc de parc. Précisons que pendant la même journée, on était allé manger de la pizza à Saint-Lambert, observer des dinosaures au Madrid et boire une bière à Drummondville. Autour de nous, plusieurs jeunes gens parlant russe (on suppose), chevauchant tous des vélos très décriss se promènent sur Notre-Dame. Pourquoi? Qu'est-ce que ça veut dire. Ben voyons! La seule explication possible est évidente: c'est l'association des cyclistes russes amateurs de vieux vélos décriss du quartier Sud-Ouest à Montréal qui font leur réunion mensuelle...


On va finalement à la taverne sombre de tantôt (dont nous avons oublié le nom), où il y avait du baseball. Et qui dit baseball dit Labatt 50. «Le baseball Labatt 50 des Expos à Radio-Canada»!


La taverne est immense, peuplée de forts dignes représentants du quartier Saint-Henri. Plusieurs individus tétant leur bière seuls, d'autres saoulons qui s'engueulent, une barmaid qui fait semblait d'être leur amie, des va et vient constants... Le facteur olfactif nous confirme que nous nous trouvons dans une véritable taverne comme on n'en invente plus : ça sent le grand-papa.


Trois bars au total dans l'immense pièce. Mais un seul qui sert vraiment. Les deux autres bars servent juste pour leurs permis d'alcool supplémentaires, qui permettent d'avoir plus de machines de loterie vidéo. C'est cinq machines permises par bar. Oui, il y a quinze machines au total dans la place. Beau spectacle. Vivement que la game commence. Mais vont-ils mettre le son?


À 20 heures, 0 minute et 3 secondes, la barmaid lance au gérant: «Heille! Peux-tu mettre le son???». Sourire. On est au bon endroit! Un bon match encore une fois. Dustin Byfuglien fait sentir sa présence. Et les Labatt 50 descendent bien.


Un vieux monsieur qui a l'air d'une grenouille regarde deux bocks de bière perdre leurs bulles devant lui, deux pailles dans chacune, attablé probablement à la seule table d'où on ne peut voir aucun des nombreux téléviseurs. Allez savoir.


Une gang de chilleux entre au bar un peu plus tard, pour disparaître aussitôt dans le fond. Une visite à la salle de bain interrompt leur party de poudre. L'envie nous quitte furtivement et nous ressortons de la même façon.

La serveuse nous ignore totalement. Malgré les habitués qui récitent passionnément des réquisitoires contre la société en général, nous cessons assez rapidement d'être divertis.


N
ous quittons après deux périodes pour aller finir la soirée au Black Jack. C'est hors limite, mais nous avons déjà rempli notre mission pour ce soir.

Arrivé au Black Jack, malédiction. C'est rendu 5 à 2 pour Chicago. On est encore punis pour avoir abandonné notre mission. Mais l'intrigante barmaid du samedi soir est là. Celle qui a plus que quiconque l'air d'une vieille barmaid de 55 ans... en début de carrière. C'est à elle que devaient ressembler toutes les barmaids de taverne en 1970.


Notre fatigue nous rattrape toutefois bien assez vite. Et cette bière sera la dernière. Le match est fini. Vancouver s'est dégonflé pour perdre 6 à 3. Et le métro Lionel-Groulx ne restera pas mémorable dans cette aventure.

Métro-bar #8 : Verdun


Je l'attendais avec impatience : nous avons pigé la station Verdun mardi dernier, le 28 avril. Pour la première fois, j'ai pu me rendre au point de rendez-vous à la marche. Ça fait changement, après la soirée à Langelier.

C'est la première soirée métro-bar sans le Canadien, mais l'après-saison commence bien. Nous avons droit à deux matchs #7 ce soir. Le premier oppose les Capitals de Washington aux Rangers de New York, et l'autre voit les Devils du New Jersey affronter les Hurricanes de la Caroline. Ma prédiction : après ce soir, il n'y aura plus de hockey dans la région de New York jusqu'à l'automne.

Nous devons toutefois trouver un bar, et nous sommes à Verdun. La légende veut que l'ancienne ville de Verdun possède un règlement interdisant tout débit d'alcool sur son territoire. On fait souvent référence à une certaine «Loi Scott», pour désigner ce règlement. La loi permettrait à toute municipalité d'interdire l'ouverture de débits de boisson sur son territoire. Ce n'est pas exactement la vérité.

Un peu d'histoire
La loi Scott, en vérité la Loi de tempérance du Canada, trouva source en 1864, alors que le parlement du Canada-Uni adopta un règlement tel que décrit plus haut. Quatorze ans plus tard, la loi fut étendue à l'ensemble des provinces britanniques de l'Amérique du Nord (qui n'étaient pas encore toutes canadiennes).

En 1898, le gouvernement canadien posa la question suivante à ses citoyens par voie de référendum : «Êtes-vous favorable à la passation d'une loi défendant l'importation, la fabrication ou la vente de spiritueux, vins, bière, ale, cidre et de toutes autres liqueurs alcooliques comme breuvages?» L'option du OUI l'emporta par 51,2 % à l'échelle canadienne. Cependant, cette loi épeurante ne fut jamais adoptée par le parlement, notamment en raison de son rejet par une seule province... Le Québec fut seul à voter NON, par un massif 81,5 %.

Le gouvernement fédéral laissa les provinces décider elles-mêmes.

C'est ainsi qu'en 1919, au Québec, une question référendaire d'une orientation assez différente fut formulée : «Êtes-vous d'opinion que la vente des bières, cidres et vins légers, tels que définis par la loi, devrait être permise?» Le OUI l'emporta par 78,62 %, ce qui limita la prohibition provinciale aux spiritueux à partir de cette même année. Seules sept circonscriptions votèrent NON à ce référendum, dont celle de Huntingdon. Stéphane Gendron avait-il un arrière-grand-père militant?

À partir de ce moment, le Québec était le seul endroit au nord du Mexique où de l'alcool était vendu légalement.

Deux ans plus tard, la prohibition fut déjà abolie au Québec, et la Commission des Liqueurs du Québec vit le jour. Elle devint plus tard la SAQ et nous l'aimons tendrement.

De retour à Verdun
Verdun adopta un règlement en 1965 interdisant l'établissement de certains débits d'alcool à l'intérieur de ses limites, mais ce règlement fut abrogé en 1996. Conséquement, il y a des bars à Verdun. Probablement pour des raisons historiques, il y en a cependant très peu, et on trouve plusieurs vieilles tavernes immédiatement à l'extérieur des frontières de l'arrondissement.

Revenons à notre défi. Quoi qu'on puisse en penser, il n'y a pas un seul endroit où la rue Wellington est à une distance de marche inférieure du métro Verdun que d'un édicule du métro de l'Église. Au point où c'est le plus serré, ce dernier l'emporte par environ 40 mètres. Nous devons donc nous concentrer sur la rue de Verdun vers l'ouest.

Rapidement, il est clair qu'il n'y a que deux options. Le Billard Desmarchais est situé en haut d'un escalier long, brun et étroit. C'est horriblement winner : tables de pool (évidemment), plein de tables de poker – avec croupiers... – éclairage de cafétéria, la radio qui joue, et une TV... qui annonce le menu musical de la soirée. Ce serait écrit «réservé aux habitués» que ce ne serait pas plus clair. Pas de game. On s'en va.

On continue un peu vers l'ouest, pour la forme. Mais rapidement, on se rend compte que ça ne mène nulle part. Littéralement, puisqu'on approche du fleuve. On rebrousse chemin.

Le seul autre choix est le splendide Resto-Bar Nouveau Verdun. Je connaissais le resto-bar, mais c'est maintenant devenu un restaurant et un bar côte à côte. Il y a un mur entre les deux.

Nous sommes charmés. Marilyn la barmaid nous donne pratiquement la télécommande pour zapper entre les deux games et anime la discussion avec quelques habitués complètement saouls impressionnés que nous commandions de la Labatt 50. L'établissement apparaît très tout croche, à l'exception des toilettes, qui te font sentir important. Elles semblent avoir été rénovées hier. C'est trop propre, comme dans un hôtel.

On commence par regarder les Capitals mettre fin à la saison des Rangers. Puis nous sommes témoins d'une fin de match comme il ne s'en fait pas assez. Les Devils se dirigent vers une victoire de 3 à 2 contre les Hurricanes, au grand plaisir de Marilyn. Coup de théâtre : à une minute et vingt secondes de la fin du match, l'égalité est créée. Quarante secondes plus tard, Martin Brodeur est déjoué de nouveau et les Hurricanes prennent les devant.

Après ce soir, il n'y aura plus de hockey dans la région de New York avant l'automne. Mais il y aura dorénavant des sorties à Verdun. Cheers.

Sources :
Wiki (1), Wiki (2), Historica, Ville de Montréal.

Métro-bar #7 : Langelier



Une première incursion dans l’extrême-est de la ligne verte. Je l’attendais, celle-là. Les alentours des stations L’Assomption, Cadillac, Langelier et Radisson sont probablement parmi les plus étranges du réseau. La rue Sherbrooke dans ce coin-là ressemble au boulevard Taschereau et les rues transversales, résidentielles, semblent avoir toutes poussées en même temps, en 1974.

Le récit
C'est vers 17h30 le 20 avril que nous apprenons que la station Langelier sera notre destination dans le cadre de notre Mission. L'enjeu est de taille : c'est le troisième match de la série du Canadien contre les Bruins. La défaite pousserait le Canadien à un match de l'élimination.

En sortant du métro, la rue Sherbrooke semble prometteuse dans un sens et dans l'autre, mais les limites sont claires : pas plus loin que l'avenue de Carignan à l'ouest, et pas plus loin que le centre de l'avenue Haig à l'est, sans quoi on déborde en territoire des stations Cadillac ou Radisson. Histoire d'aller explorer un peu, on met le cap vers le sud sur Langelier.

Comme je l’ai dit, on est sur un tronçon résidentiel, qui est né en 1974 et qui a aussitôt figé dans le temps. Les gens qui habitent là ont presque encore hâte aux Olympiques...

On arrive au coin d'Hochelaga, où se termine le boulevard Langelier. En face, c'est le Musée du corps des magasins militaires, qui occupe la partie nord du grand territoire de la base militaire Longue-Pointe, des forces armées canadiennes.

Nous marchons vers l'est jusqu'à l'avenue Haig, et on le voit... Le bar Nul Part (sic). C'est très beau. Une façade de taverne absolument atroce, des fenêtres minuscules, pour être ben sûr de ne laisser entrer aucune lumière et un effort esthétique évident à n’afficher aucune forme de charme. Il ne manque qu’une enseigne «serveuses sexy».

Une discussion nous permet de constater qu'on n'est pas d'accord au sujet de l'appartenance de l'endroit au métro Langelier. Peut-être est-il sur le territoire de Radisson. Nos plans nous aident un peu et on décide d'abandonner et de revenir sur Sherbrooke par Haig. Les maisons de cette avenue sont majoritairement unifamiliales et très dépareillées. C'est un coin fort charmant, en somme. Nous rencontrons même une pépinière en cours de route. 

Nous reviendrons sur le bar Nul Part un peu plus loin.

De retour sur Sherbrooke, les espoirs de retirer quelque chose de cette zone commerciale s’amenuisent. Des restaurants inintéressants, un motel/restaurant chinois avec un bar fermé les lundis, on repasse devant la station Langelier, puis on voit un salon de quilles dans un centre d’achats et finalement, enfin, un bar de billards! Du côté nord de Sherbrooke, tout juste à l’ouest de... la rue De Carignan.

Une autre discussion s'engage afin de déterminer si c'est plus proche du métro Langelier ou de Cadillac. Le résultat est le même qu'il le fut pour le Nul Part : hors limite, ou trop incertain pour rendre une décision. Nous y reviendrons également un peu plus loin.

En marchant, nous avions vu un salon de quille dans la Centre Commercial Domaine, juste à côté de la station de métro. Nous y retournons, décidés à nous rendre à un bar dont nous connaissons l'existence, près de la rue Beaubien, si c'est un échec.

Finalement, juste à l'entrée du centre commercial, il est là : devant nous, le Resto Pub Aurora. Un restaurant de burgers et d’ailes de poulet avec des pichets de bière comme apéritif, accompagnement et digestif. C’est parfait. Pour le principe, on va quand même voir au bowling. 


C'est une soirée de ligues ce soir, et le salon est plein. Il n'y a que deux places assises (et occupées) devant la seule télé qui présente le match de hockey. Dans la section bar, il y a également un téléviseur... éteint, et datant des années 70. Les regards des nombreux joueurs nous donnent l'impression d'être tout aussi à notre place qu'un duo de gazelles dans un cabinet de dentiste. On oublie ça et on retourne au Aurora.


Si près de notre point de départ... Et ça se révèle exactement ce que nous cherchions : des télés partout, de la bière, et des vieux qui jacassent, dont un fanfaron qui prend pour Boston. Probablement un autre crétin qui va juste y aller pour le favori, peu importe la situation.

La parenthèse...
Il existe une seule bonne raison de ne pas souhaiter la victoire de l'équipe locale. Si vous habitez à Montréal, mais êtes originaires, mettons, du New Jersey, je peux comprendre que vous encouragiez les Devils. Par contre, un habitant de Pointe-Saint-Charles né à Ville-Émard, ça ne prend pas pour les Bruins, sauf pour se faire remarquer, ce qui est l'apanage d'un connard.

La seule exception à cette règle : un ancien partisan des Nordiques a le droit de continuer d'haïr le Canadien. Parce que nous aussi, on continue d'haïr les Nordiques. Fin de la parenthèse.

La discussion à l'Aurora
Le temps est aux questions concernant notre mission. Quelques points méritent d'être approfondis. Nous en parlons en regardant la défaite de 4 à 2 du Canadien.

Tout d'abord, nous constatons que notre dernier récit, au métro Mont-Royal, s'est révélé être le meilleur à date. Pas que la soirée ait été plus agréable (bien que je crois que ce fut le cas), mais surtout, nos comptes rendus respectifs ont atteint une complémentarité particulièrement appréciée.

Nous avons remarqué une constante lors de nos expéditions. Outre l'omniprésence de cimetières et de restaurants de déjeuners (et de Tim Hortons), nous semblons toujours nous diriger d'abord le plus loin possible avant de revenir sur nos pas. Nous pourrions explorer les environs immédiats des stations de métro et nous arrêter dès que nous trouvons quelque chose de potable, quitte à changer de place entre deux périodes si ça s'avère un flop. Puisque nous pigeons la station à peine une heure ou deux avant le match, nous appliquerons probablement cette nouvelle approche bientôt.

Le retour sur Nul Part
Je reviens maintenant sur les bars Nul Part et El Cid. Concernant ce dernier, j'avais raison, c'est environ 200 mètres plus proche de Cadillac. Le sens de la règle est plutôt «à quelle station débarquerions-nous pour aller à cet endroit». Dans ce cas, la réponse est claire. Par contre, Ben va probablement me fusiller en apprenant que le Nul Part est clairement 400 mètres plus proche de Langelier, en marchant.

C'est pourquoi nous devrons faire un ajustement dans notre équipement. Des connexions sans fil sont disponibles un peu partout et il serait pratique d'avoir un moyen de les utiliser pour vérifier les distances sur place, avec l'outil de mesure de trajet de Google Earth. Nous vous tiendrons au courant des développements à ce sujet, que ce soit un iPod Touch ou un netbook.

Le Canadien en six?
Finalement, le Canadien ne va pas très bien, c'est le moins qu'on puisse dire. Jusqu'à présent, notre défi impliquait les matchs de l'équipe locale, et nous aurions aimé que ça dure jusqu'en juin. Cependant, bien que je n'aie personnellement jamais jeté la serviette avant la fin, il faut parler de l'après. Étant donné mon emploi du temps et celui de Ben, la prochaine pige n'aura pas lieu avant le 28 avril. Ce sera la game 7 de la série, si le miracle se produit. Sinon, on fait quoi?

Les matchs des séries éliminatoires sont tous présentés à la télé. Nous continuerons donc sans le Canadien s'il le faut, puisque cette Mission doit être menée jusqu'au bout. D'ici la fin des séries, nous utiliserons à peu près les mêmes règles, à l'exception du fait que le match présenté pourra opposer n'importe quelles équipes. Ce n'est pas encré dans le béton. Mais je crois qu'il s'agit du meilleur scénario envisageable pour l'instant. Après la Coupe, on verra. Mais on n'arrêtera pas sous prétexte que c'est l'été. On a l'Impact, on a les Alouettes, il y a des courses de F1... Et nous avons déjà une idée des critères hors saison. Nous vous en parlerons en temps et lieux.

Il n'est plus possible que ma prédiction des Canadiens en six se réalise, mais je garde espoir pour la victoire. Je sais, c'est très improbable, mais ce n'est pas complètement impossible. Au pire, j'accepterai de couler avec le bateau. C'est la faute de Ted le canard, tout ça...

Bon.

Métro-bar #6 : Mont-Royal



Exceptionnellement, nous vous présentons ici deux comptes rendus de la soirée car nos récits respectifs se complètent magnifiquement.


Mont-Royal (par Ben)


C'est un difficile scénario de deux matchs en deux soirs pour l'équipe de la Mission Métro-bar cette semaine. Heureusement, on n'aura pas trop à se casser la tête en ce mardi de match crucial contre les Rangers: on aboutit au métro Mont-Royal.

Nos horaires de travail respectifs ont bien fait les choses aujourd'hui, on peut se permettre de se donner rendez-vous aussi tôt que 17h30, afin d'aller engloutir une poutine de la Banquise avant le début du match. Sur les lieux, c'est le rush de la sortie des classes (apparamment). Une quantité monstrueuse d'enfants font tellement de bruit qu'on espérerait un solo de marteau-piqueur pour calmer nos oreilles un peu...

Et détail fort inquiétant: on est incapable de dire si ces jeunes sont d'âge primaire, secondaire ou collégial. Je suppose que c'est le coup de vieux dont nous avions besoin. Tout comme celui qui nous happe lorsqu'on réalise qu'aucun de nous n'est capable de finir son assiette. «Le format régulier aurait été suffisant». «Oui, grand-papa, t'as raison».

En plein coeur du Plateau, on va où pour écouter la game? Oui, bien sûr, on le sait. Mais on est déjà allé très souvent aux Verres Stérilisés. Il faut donc trouver mieux. Il y a le Bar Normand, qu'on a connu dans le cadre d'un ancien projet, mais qui, paraît-il, a abandonné depuis ce temps-là sa clientèle de taverne pour devenir branché.

Il ne pleut pas, mais il fait froid. On s'y dirige donc, il n'est pas encore 19h, la game n'est pas commencée. On risque seulement de manquer l'analyse de Dave Morissette. Vous conviendrez qu'on est capable de vivre sans.

On arrive sur place. Plein de monde dans le cadre de porte et à l'intérieur, l'endroit est bondé de jeunes branchés et de musique enlevante. En à peine quelques secondes, on étouffe déjà. C'est insupportable. On sort rapidement.

Rendu dehors, deux possibilités. Aller vers l'est, au coin d'Iberville, pour voir si le Spot existe encore. Un endroit de front pas subtil où il faut sonner pour entrer, le billard est gratuit, le pichet à 6$, le toit coule et la musique est monstrueusement poche. Ou encore, aller un peu vers l'ouest, au Bar Mont-Royal. On était passé devant en chemin. Et à d'autres occasion également. Et je me suis toujours dit que ça devait être la dernière vraie taverne du Plateau. Parce qu'on s'entend que les Verres Stérilisés, c'est quand même pas mal mainstream.

Considérant le doute quant à l'existence du Spot, on se rend au Bar Mont-Royal. Une merveille. Ce bar est parfait.

  • La densité est parfaite, la faune locale, riche et fort bien diversifiée.
  • Un bar en U au centre de la grande pièce.
  • Authentiques chaises de taverne en bois.
  • Suffisamment de télés et le volume à un niveau ni trop haut, ni trop faible.
  • Une serveuse dévouée qui nous propose un pichet à 6$.
  • Une table de billard, une machine à pop corn, une salière sur chaque table.
  • Un juke-box, du Laurence Jalbert, une machine à toutous.
  • Un menu décriss où le vin revient deux fois dans la liste, une fois à 4,50$, une fois à 7$. Sans oublier les langues de porc dans le vinaigre.
  • On nous sert notre pichet avec deux authentiques verres de taverne.
  • Sur la table, on a un sous-verre en forme d'étoile de Ninja, au cas où...
  • Une proportion respectable des clients de la place boivent de la grosse 50. Ces gens-là savent vivre.
  • Les murs sont en bois, la déco n'est pas plus jeune que les années 70.
  • Près de nous, des personnages étranges aux allées et venues suspectes nous rappellent, je ne sais plus trop pourquoi, Alfred, Batman et Daniel Boon.
Une fort belle soirée. À revisiter à coup sûr. Même si le Canadien a perdu 3-1.


Mont-Royal (par Raton)


Deux matchs en deux soir pour l'équipe, ou devrais-je dire le duo, de la Mission Métro-bar. Vous avez déjà pu lire le compte rendu de la première de ces deux soirées. La suite se trouve plus bas. Pour la rencontre entre les Rangers et le Canadien, le 7 avril dernier, notre défi sera différent des précédents.

Cette fois, contrairement à notre habitude, il ne suffira pas de trouver un bar, chose ô combien facile autour du métro Mont-Royal. Non, il faudra dénicher, dans une zone vaguement délimitée par la rue d'Iberville à l'est, la rue Rachel au sud, l'avenue du Parc à l'ouest et un trait imaginaire parallèle à l'avenue du Mont-Royal, un peu au nord de celle-ci (mais pas trop près du métro Laurier), bref, trouver un bar présentant les qualités recherchée... et que nous ne connaissons pas déjà.

Ça peut sembler pompeux comme défi, et il existe probablement des endroits qui rempliraient cette dernière condition. Je ferai d'abord un petit retour sur deux autres endroits que nous connaissons et chérissons, pour diverses raisons.

D'abord, la taverne aux Verres Stérilisés, coin Rachel et Saint-Hubert, est la place ultime où aller regarder le match. C'est plein de partisans du Canadien, de bonne bière par chère, de pop corn gratuit, et d'un barman qui ressemble à Saku Koivu. Mais il s'appelle Éric. Arrivez tôt si vous voulez de la place.

Le Bar Normand, anciennement un magistral exemple de taverne du troisième âge, est désormais un endroit très couru pour les matchs du Canadien. C'est Miss Miller, la fille de ce blogue, qui me l'avait fait remarquer par l'un de ses billets. Je connaissais l'ancienne incarnation du bar, où il faisait bon arriver en groupe de 40 personnes afin de vider tout le stock de grosse Labatt 50... Le bon temps.

Nous décidons de mi-tricher et d'y aller ce soir-là, puisque le «nouveau Normand» nous est effectivement inconnu, sinon de réputation. Mais même en marchant rapidement après l'obligé souper à La Banquise (où semblaient réunis tous les enfant de 13 ans du Plateau, en plus d'un mini groupe de touristes), nous ne pouvons arriver chez Normand avant que la place soit presque remplie à ras bord.

Quelques secondes après être ressorti, je me rends compte d'avoir croisé la même Miss Miller dans le portique (à moins que je me trompe). Mais j'y ai pensé une seconde trop tard pour dire bonsoir. Je me corrige maintenant : bonsoir.

Non loin de là, toujours sur l'avenue du Mont-Royal, nous trouvons un lieu que vous avons souvent vu, mais que nous n'avons jamais visité : le bar Le Mont-Royal. En entrant, nous comprenons que c'est là que nous resterons toute la soirée. Ça sent la cafétéria de résidence pour personnes âgées, tout est en bois, et surtout le petit pichet coûte ce que coûte un petit pichet dans une taverne digne de ce nom : 6 $.

Nous nous laissons distraire par la faune du bar. C'est presque comme un souper théâtre. Dans un coin, le Doyen observe tout le monde du coin de l'oeil, craignant de se faire voler sa majestueuse pinte ornée d'un logo du Canadien, la seule du bar. Il est accompagné d'un Daniel Boone avec une canne, qui se lève aux trois minutes pour ne revenir qu'un quart d'heure plus tard chaque fois. Il doit avoir une vessie expéditive. Ou un penchant intermittent pour les machines à vidéo poker.

À un point, le Doyen doit reconduire l'Apprenti Doyen. Il prend sa voiture stationnée en avant de la porte (ça paye, arriver tôt) et revient quelques instants plus tard, seul. Une automobile est sommairement garée directement dans l'intersection de la rue De Brébeuf, avec les feux de détresse. Et le Doyen a pourtant retrouvé sa chaise et sa pinte. Est-ce sa voiture qu'il a laissée là, s'étant fait voler sa place de stationnement rêvée? Mystère.

Le même petit groupe de touristes qu'on avaient vus à la Banquise nous retrouve, le temps d'une bière. En fait, ils se retrouvent à la table d'à côté. À leur départ, je me demande si on devrait les suivre. Pour un touriste, voir le même duo de Montréalais dans trois endroits qu'il visite dans la même soirée, quelle image ça donne?

Notre manque d'attention déstabilise visiblement Carey Price. Les Rangers l'emportent 3-1 et le Canadien n'est toujours pas assuré d'une place en séries.

Heureusement, nous constatons que la voiture dangereusement abandonnée n'appartient pas au Doyen. Nous voyons plutôt un homme y entrer avec ce qui semble fort être un enfant kidnappé, et ils démarrent rapidement.

Ouf. Nous avons craint que le Doyen perde son permis de conduire.

Métro-bar #5 : Crémazie

C'est à l'occasion d'un petit lundi soir pluvieux que s'est tenue la 5e édition du rallye métro-bars. Heureusement, nous avons pigé Crémazie. Nous avons donc pu être protégés de la pluie en restant en-dessous de l'autoroute métropolitaine, le temps de se demander où pourrions-nous bien aller voir la game et boire une bière dans cet endroit fort inhabituel.

Au métro Crémazie, nous sommes d'abord confrontés à un dur choix. Sortie nord ou sortie sud? Ahuntsic ou Villeray? Le métro Crémazie, c'est le duel des arrondissements. Là où deux édicules jumeaux se regardent, et se méprisent mutuellement, entre les piliers de l'autoroute métropolitaine.

Même si nous avons été floués il y a quelques semaines par le métro Sauvé, nous donnons une deuxième chance au quartier Ahunstic, qui a au moins le mérite d'héberger trois cégeps (dans ta face, Villeray!). Nous nous dirigeons vers l'un d'eux, en empruntant le boulevard Crémazie vers l'est, jusqu'à la rue Saint-Hubert. Nous regardons vers le nord, vers le cégep (il doit ben y avoir un bar, esti, y'a un cégep!). Amère déception. Il pleut fort et aucune activité commerciale en vue, quoique la visibilité semble réduite à 100 pieds en raison de la pluie.

Nous rebroussons chemin. Il y a toujours bien la Brasserie du Métro, sur Lajeunesse. Mais on la connaît. Le but de l'exercice est de trouver du nouveau. On retourne sous l'autoroute métropolitaine via la station de métro (question de prendre un petit répit de la pluie). On décide de ressortir du côté sud et de descendre Saint-Denis. Très peu d'activité commerciale en vue. On emprunte de Liège vers l'ouest, dans l'objectif de rejoindre Saint-Laurent en dernier recours. Quelques restos fermés, salons de coiffures et dépanneurs, mais comme dirait l'autre, «c'est pas c'que j'cherche!».

Nous voilà sur Saint-Laurent. Le paysage est aussi désolant qu'il ne l'est du côté Ahuntsic, comme nous avons pu le constater lors du deuxième épisode de ce rallye. Nous empruntons Saint-Laurent vers le nord, histoire de ne pas trop s'approcher du métro Jarry (un jour, nous le pigerons). Nous croisons encore des restos, puis nous atteignons enfin l'oasis : le Bistro Shadow. Une taverne de quartier des plus citoyennes avec assez de bizarreries pour plaire aux plus aventuriers des ivrognes.

Petit arrêt au guichet automatique en passant, qui exige pour s'y rendre de passer sur le terrain d'une résidence abandonnée, avec une clôture qui nous sert de rampe pour descendre une dénivellation, un fil électrique à haute tension qui baigne dans une flaque d'eau et un amas respectable de détritus divers. Pour remonter, on emprunte une chaise de cuisine abandonnée dans un parking, dont le coussin a épongé amplement sa part d'eau de pluie pour la journée.

On entre finalement au Bistro Shadow, on s'assoit, commande un pichet et la rondelle tombe sur la glace pour le début de la première période. Dans un coin, un trou dans le mur visiblement creusé à la cuillère semble mener vers un sous-sol caverneux très peu invitant. Pourtant, un panneau semble indiquer que les toilettes se trouvent par là. Hum. On ne saura peut-être jamais ce qui se cache dans ce sombre sous-sol. Sloth Fratelli?

Après 2 périodes, c'est 2-1 Canadien, on s'enligne pour s'assurer d'une place en séries, tout va bien. Mais on se tanne du Bistro Shadow. Bon d'accord, allons à la Brasserie du Métro.

Là bas, l'ambiance est beaucoup plus intense, le nombre de clients autres que nous y est multiplié par dix (il y en a dix) et ils ont de la Rickard's, ce qui est mieux que rien. Catastrophe, notre dérogation à la règle de ne pas aller dans un endroit qu'on connaît sera punie : Dany Heatley marque deux buts improbables et le Canadien perd le match contre les Sénateurs

C'est la fin. Rentrons chez nous.