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Métro-bar #28 : Côte-des-Neiges

Après une léthargie inexplicable en 2009-2010, la Mission Métro-bar reprend pour de bon du service pour la saison 2010-2011. Nous profitons du tout premier match du Canadien cette saison pour piger notre 28e destination et ainsi franchir la barre du 40% au niveau de notre taux de réalisation de la Mission. En ce 7 octobre 2010, nous sortons au métro Côte-des-Neiges.

Ayant fréquenté l’Université de Montréal dans mon jeune temps, je sais très bien qu’on trouve un ratio respectable de débits de boisson par mètre carré aux alentours du métro Côte-des-Neiges. On prend tout de même la peine, pour la forme, de faire un petit tour du quartier. Sachant qu’on ne trouvera rien vers l’ouest et que la station Côte-Sainte-Catherine n’est pas très loin, on fait un petit détour via la rue Decelles, on revient vers le boulevard Côte-des-Neiges, on monte jusqu’à Côte-Sainte-Catherine, avant de revenir pratiquement à notre point de départ. Il y a Les Grandes Gueules et la Maisonnée, mais c’est le McCarold et le Tabasco Bar qui ont retenu notre attention.

Le Tabasco Bar est un établissement qui a changé de nom et de mains plusieurs fois. Jadis connu comme étant Le Crocodile, ou encore «le bar de la FAECUM» (Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal), il a également, pendant un bout de temps, abrité une approximative franchise de l’infâme Peel Pub.

Pour poursuivre dans les anecdotes du passé, Raton et moi nous remémorons en marchant la malédiction qui semble nous affliger à chaque fois que nous approchons ce débit de boisson, peu importe l’époque et peu importe son nom. Souvenons-nous d’abord qu’en 2002, le Canadien affrontait en deuxième ronde des séries les Hurricanes de la Caroline. Rappelons-nous également que le Canadien s’en tirait pas mal dans cette série et s’enlignait pour l’emporter.

Jusqu’à ce qu’en plein milieu d’un match de cette série, Raton et moi entrâmes au 5414, rue Gatineau (probablement Le Crocodile, à l’époque) afin d’apprécier une bonne game et une bonne bière (comme il se doit). L’énergie qui animait le Canadien s’est alors soudainement dissipée, les Hurricanes ont fait fondre l’avance du Canadien et ont remporté le match. Le Canadien ne s’en est jamais remis et a perdu la série en six matchs.

Un peu plus de deux ans plus tard, en 2004, moi et des collègues universitaires avons eu la brillante idée d’aller regarder la soirée électorale de l’élection présidentielle américaine au 5414, rue Gatineau (le Peel Pub, à l’époque). Résultat : victoire, pour un deuxième mandat, du républicain George W. Bush.

C’est avec cet inquiétant background que nous entrons donc, le 7 octobre 2010, au Tabasco Bar. Il n’est pas encore 19h que l’endroit est plein à craquer. On se dirige donc au deuxième étage, où on trouve un endroit où s’installer, près d’un groupe d’étudiants, d’un groupe de parents d’étudiants (?!) et d’une étudiante européenne qui suit avec intérêt un cours de Hockey 101 donné par une collègue québécoise.

En attendant le début du match, on se remet peu à peu dans l’état d’esprit de notre Mission, on réactive nos réflexes de tout observer, de tout commenter et de trouver les explications les plus absurdes aux éléments les plus anodins qui nous entourent. N’étant plus étudiant depuis déjà 2 ans, j’observe la jeune faune qui peuple le bar et je partage avec Raton le coup de vieux que je suis en train de ressentir. Ils sont jeunes. Et moi, moins. La vingtaine tire à sa fin, Vieux Ben, pensai-je, pendant que Raton me fait remarquer que le classique What’s My Age Again? de blink-182 bourdonne dans nos oreilles à ce moment même. L’ironie est parfaite.

Devant l’absence manifeste de service aux tables (du moins, à notre table), je me dirige au bar afin de commander de la bière et de la nourriture. Le ratio de 2 employés pour 300 clients, la nécessité de changer le baril de la bière que j’ai commandée et une organisation du travail qui laisse à désirer font en sorte que je ne reviens à notre table que 15 minutes plus tard, avec qu’un pichet de Rickard’s Red. La malédiction se poursuit.

Après nos repas et le deuxième pichet, on profite du deuxième entracte pour conclure que notre visite au Tabasco Bar n’a pas été concluante et qu’on mérite mieux pour une sortie dans Côte-des-Neiges. Direction Pub McCarold. À l’instant même où l’on sort du Tabasco, on entend toute la clientèle du bar s’enflammer en même temps. Jeff Halpern vient de marquer son premier but de la saison. Au moment précis où on est sorti du 5414, rue Gatineau. La malédiction se poursuit.

Accueillis comme des rois au McCarold, comme dans la plupart des pubs irlandais, on s’installe sur le bord de la fenêtre, avec une vue sur la grande télé et on se gâte d’une bonne bouteille de Quatre-centième d’Unibroue. Malheureusement, les efforts du Canadien de remonter la pente en troisième période ne seront pas suffisants pour faire de cette escale au McCarold une conclusion parfaite à une soirée dont on se souviendra finalement comme étant l’épisode 3 de la Malédiction du 5414, rue Gatineau.

Métro-bar #24 : L'Acadie

Pour sa 24e édition, la Mission Métro-Bar avait véritablement tout mis en place pour une soirée qui ne pouvait que résulter en un échec cuisant. En ce premier lundi soir de décembre, la première tempête de neige de la saison vient abruptement mettre un terme à un automne qui commençait à plaire à tout le monde.

Les Flyers de Philadelphie étaient en ville ce soir-là pour rendre visite au Canadien et pour couronner le tout, nous pigeâmes le métro L’Acadie. Heureusement, seul point positif pour l’instant, une fan de la première heure se joint à nous ce soir. Pour la remercier de sa compagnie, on lui offre une désagréable et impertinente balade à pied, au coeur de la tempête, dans la zone démilitarisée qui sépare Ville Mont-Royal de Parc-Extension.

J’insiste pour d’abord aller jeter un oeil à l’avenue Beaumont, à l’ouest de l’Acadie. Jusqu’à la frontière officielle de Ville Mont-Royal, j’ai espoir de trouver peut-être un café, un bistro, quelque chose qui pourrait sauver l’honneur du métro L’Acadie. Nos espoirs s’éteignent rapidement.

On commence déjà à évoquer l’échec, puisqu’à l’ouest, c’est Ville Mont-Royal et on sait qu’il n’y a rien (voir le récit Métro-bar #3 : De la Savane par moi ou par Raton). Au sud, la gare de triage d’Outremont constitue une limite infranchissable qui de toute façon, nous rapprocherait trop de la station Outremont. À l’est, la station Parc, déjà visitée (voir Métro-bar #17 : Parc), n’est pas très loin. La rue Jean-Talon doit avoir quelque chose de très près à nous offrir si on ne veut pas devoir rebrousser chemin.

Dernier recours, je sais qu’à quelques kilomètres au nord, près du Centre Rockland, il y a un café-bar quelconque qui pourrait nous sauver. Mais en pleine tempête, notre envie de s’y rendre est très faible.

Nous nous dirigeons donc vers la rue Jean-Talon. Sur L’Acadie, nous constatons la dualité criante entre Ville Mont-Royal et Parc-Extension. Même les rues ne débouchent pas, pour éviter la contamination sociale.

L’arrivée sur la rue Jean-Talon, artère très commerciale, rehausse nos attentes. En tentant de déterminer notre limite à ne pas dépasser vers l’est, pour ne pas empiéter sur le territoire du métro Parc, nous nous retournons et voyons derrière nous... un bar ! Le Café Cozmos, au coin Jean-Talon / Wiseman, fait office d’oasis grec dans une mer de restaurants indiens. Mais on remarque vite que le Cozmos n’est pas seul puisqu’en face, le Lounge Spartan s’offre également à nous.

Nous commençons par le Cozmos, qui nous rappelle quelque peu notre mésaventure du métro D’Iberville et les cafés du métro De Castelnau (par Ben; par Raton). Très grand, un peu crasseux, mais sympathique. Nous débattons sur l’identité de la bière en fût qui nous est servie, en regardant le hockey... sans le son. C’est qu’il ne faut pas déranger le groupe de quelques clients qui regardent (avec le son) une téléréalité grecque sur une autre télé.

Nous finissons par quitter, pour aller découvrir le Spartan. Cette fois, on se croirait dans un sous-sol des années 1990. Fauteuils confortables, télé gigantesque de qualité moyenne, bar, éclairage et mobilier récent. Clientèle d’habitués (voire composée exclusivement d’amis du propriétaire). Nous savourons un dernier verre en admirant les dernières minutes de la victoire du Canadien.

Le métro L’Acadie ne nous aura pas offert la soirée du siècle, mais il aura dépassé nos attentes, au départ très pessimistes. Trouver des endroits près du métro L’Acadie où on retournerait fort bien dans l’avenir, si l’occasion se présente? C’est là l’idée maîtresse à la base de la Mission métro-bar.

En direct de l’extrémité ouest de Parc-Extension, c’était le compte-rendu de Ben, pour la Mission Métro-bar. Bonsoir.

Métro-bar #21 : D'Iberville

La 21e pige au hasard d’une station de métro dans le cadre de la Mission Métro-bar s’est déroulée le soir du 31 octobre dernier. Le Canadien jouait contre Toronto et les enfants se promenaient dans les rues, en quête de bonbons.

Notre destination pour ce soir sera le métro D’Iberville. Un quartier où les bars et autres commerces sont bien présents, mais où les clients habitant à Verdun le sont probablement beaucoup moins. Cette station étant munie de deux édicules, nous avons donc deux épicentres autour desquels explorer.

Nous sortons au coin Jean-Talon / D’Iberville et afin de clarifier d’entrée de jeu qu’il n’y a probablement rien vers l’est, puisque le métro Saint-Michel n’est pas très loin. Nous marchons dans cette direction pendant quelques coins de rue, avant de revenir sur nos pas.

Plusieurs cafés, restaurants et autres commerces étranges attirent notre attention. Un bar de loteries vidéo nous paraît trop peu accueillant pour qu’on s’y rende. Puis de retour à l’ouest de la rue D’Iberville, voici qu’on tombe face au Bar Angie. Dans le palmarès des plus mauvaises idées que nous avons eues depuis le début de cette Mission, pénétrer dans le Bar Angie figure probablement au sommet. Même si on s’était dit qu’on changerait de bar après la première période.

Une grande salle, avec un grand bar au milieu, une grande télé sur le mur du fond : portrait assez classique d’un bar de quartier. La faune locale apparaît toutefois un peu plus suspecte. Des habitués qui semblent mandatés plus ou moins officiellement pour «gérer» la place, un pilier de taverne assis au bar qui engouffre à une vitesse inquiétante bière au jus de tomate et sacs de chips (s’il avait pu manger le sac, il l’aurait fait) et une barmaid dont l’enthousiasme détonne du reste de l’ambiance.

Seul point positif : on commande un petit pichet et ça nous coûte 6$. Sachez-le: c’est le seul prix acceptable pour ce produit. Plus cher, c’est du vol. Moins cher, sauvez-vous.

Un premier hurluberlu tente de nous faire la conversation, sans toutefois ne rien avoir à dire, outre que la barmaid est une femme et que conséquemment, elle est attirante physiquement. D’accord. C’est noté.

Puis arrive dans le décor un deuxième hurluberlu, qui semble davantage que l’autre gérer la place. À 5 minutes du début du match de hockey, il vient de déclencher son processus de consultation publique à savoir : on met tu le son d’la game ou ben la musique?

Jouant de prudence, on s’abstient d’exercer notre droit de vote, laissant aux habitués le soin de déterminer l’ambiance qu’ils préfèrent pour leur bar. Mais le mec insiste. Et insiste. On finit par s’avancer timidement: «Moi, je le mettrais le son d’la game, mais si vous aimez mieux la musique, ça me dérange pas.» Il continue: «Mais c’est vous autres! Qu’est-ce vous aimez mieux?»

Après plusieurs minutes d’échange sans grande substance, le son de la game finit par apparaître. Il reste 18:47 à la première période quand on commence à se dire qu’on a hâte de partir. Le va-et-vient, les discussions privées entre les différents gérants du bar, les sacs de chips éventrés devant l’autre loustic nous rend de plus en plus inconfortable.

Notre besoin de courage devient trop fort: un deuxième pichet. Il reste 8:15 à la première période. C’est là qu’entre un groupe de jeunes gens du quartier, qui ont tous au moins 18 ans, selon ce que mon avocat me conseille de me souvenir. Des jeunes qui, évidemment, sont plus portés sur la musique que sur le son de la game.

Le président de la consultation publique revient. «Ben là, messieurs, j’pense qu’il va falloir remettre la musique.» L’envie de sauter dans les airs en gueulant que ce n’était certainement pas nous qui avions insisté pour avoir le son de la game se fit alors sentir, mais j’ai cru bon me retenir. Probablement la meilleure décision que j’aie prise depuis le début de cette Mission.

Le son de la game disparaît, pour faire place à une cacophonie juvénile.

La période se termine, le pichet est vide, on quitte. Raton me rappelle que j’ai mon appareil photo avec moi. Une photo du bar pour nos archives? C’est elle, la pire idée que nous ayons eue jusqu’à présent.

Dans le cadre de porte à la sortie, je pointe l’appareil vers l’intérieur, pour avoir une vue générale de l’endroit. Je crois déjà sentir une certaine agitation juste avant que le flash se déclenche.

À peine sortis dehors, la barmaid et deux ou trois des gérants de l’endroit nous interpellent avec véhémence. Ils veulent mon appareil. Je m’empresse d’effacer la photo (qui était ratée de toutes façons) et je leur montre la totalité des 3 clichés qui y sont encore sauvegardés. Ça va, ils voient qu’il n’y a rien les concernant.

La nervosité, voire la panique qu’ils laissaient transparaître quand ils nous engueulaient par la suite traduit pour ce bar une situation bien plus sérieuse que les anecdotes précédentes. On aurait dû demander la permission, il y a des gens qui ne veulent pas se faire identifier, des cocktails molotov ont été lancés dans divers cafés du coin au cours de la dernière semaine, etc.

Le Parrain nous donne son absolution : «C’est correct, il ne s’est rien passé.» On marche sur le trottoir vers l’ouest, se jurant de ne jamais y retourner. Surtout pas un soir d’Halloween. De leur côté, les gens de Google Street View semblent s’en être tirés mieux que nous lors de leur passage au Bar Angie :

La soirée est-elle finie? Loin de là. Plus loin à l’ouest, coin Jean-Talon / Delorimier, nous trouvons le Bar Bella Vista. Halloween oblige, les barmaids sont déguisées en personnes qui portent peu de vêtements. On y présente la game, mais sans le son. On ne fera pas d’histoire.

Mauvaise surprise : ce soir, c’est un party d’Halloween. Il y a donc un cover de 10$. Mais la bière est «moins chère». Ouais... Nous acceptons. Après la game, il y aura party. Musique avec DJ et prix de présence, nous promet notre billet chèrement payé.

La game se termine en tirs de barrage, l’une des employées ferme les rideaux. Nous attendons avec anticipation le début du party. Tellement que nous commandons une deuxième grosse Belle Gueule. La soirée passe, 22h00... 23h00... Rien n’a changé depuis la fin de la game. On sort dehors l’instant d’une cigarette... et pour prendre une photo, de la façade de l’endroit cette fois. Notre politique de prise en photo de bars a été amendée.

Nous retournons à l’intérieur finir notre bière. La barmaid est toujours aussi peu habillée, mais le constat est frappant : nous avons payé 10$ chacun pour une soirée comme une autre dans un bar.

De retour vers le métro, on dresse un bilan mitigé de cette soirée mémorable pour les mauvaises raisons. «Bah, la prochaine sera moins pire.»

Du moins, j’espère fort.

Métro-bar #17 : Parc

Après une expérience rocambolesque autour du métro Namur, la Mission Métro-bar (selon sa nouvelle appellation) s'est arrêtée mardi dernier au métro Parc. Au menu: une station construite à même une ancienne gare, un quartier multiethnique où les guichets automatiques parlent 5 langues et l'autobus 535 qui fait le tour du quartier jusqu'au boulevard Crémazie et qui passe à toutes les 3 secondes.

Une petite balade en autobus nous permet d'abord de repérer quelques endroits qui semblent potentiellement intéressants. De retour à notre point de départ, on retourne voir de plus près ce qu'on a vu en autobus. Sur la rue Saint-Roch, on passe devant un endroit qui n'a pas de nom, seulement une enseigne de Heineken à l'extérieur. On apprendra plus tard que ça s'appelle en fait le Café Bar Next Door. Même si ce n'est écrit nulle part.

L'endroit semble peu fréquenté et ressemble davantage à un café où on peut manger un sandwich qu'à un bar où on peut emmener ses propres peanuts. On repassera plus tard.

Au coin Ogilvy et Champagneur, une enseigne nous informe de la présence d'un bar (le nom, aussi exotique fut-il, m'échappe). Mais le local semble inoccupé. Il n'y a que de la lumière à l'étage du haut, qui m'apparaît être une salle où on donne des cours de danse. Pourtant, non, Raton insiste: c'est le bar qui est en haut. Mais c'est épouvantable... Un grand local vitré, plein de lumières et peu invitant. Situé au deuxième étage, de surcroît. Ça prend toute une dose de volonté pour s'y rendre. C'est ce qui nous manque pour l'instant.

On retourne vers la rue Jean-Talon. Il doit ben y avoir de quoi là. Effectivement, nous voilà peu de temps après face au Bar Pam Pam. Une taverne tout ce qu'il y a de plus citoyen avec un nom absolument ridicule. Ça semble prometteur. On jette un rapide coup d'oeil au sud, sur l'avenue du Parc, qui nous déçoit. Le match commence bientôt. Si Détroit gagne, je gagne mon pool. Ce sera le Bar Pam Pam.

Une faune hétéroclites d'ivrognes internationaux venant d'un peu partout entre l'Arizona et le Maghreb, inclusivement. Tous rassemblés pour se délecter du vieux pop rock que le jukebox a à nous offrir. Le menu propose des bocks à 2$. L'endroit gagne donc notre respect. Mais on reste tout de même avec les classiques: 2 grosses 50.

Le match commence, la faune locale s'active. Un vieux comique joue au pool avec le barman. Une odeur désagréable de cadavre plane dans tout l'endroit et s'intensifie dès que quelqu'un ouvre la porte des toilettes. C'est beau pour la première période, mais après cette bonne dose de courage, on décide de retourner voir ailleurs.

Agréable surprise: le Café Bar Next Door présente la game. Ce sera une bière bouteille Molson payée trop cher. Un groupe est assis dans le divan de l'endroit, pendant que Raton et moi occupons, face à face, une table à café. De l'intérieur, l'endroit a aussi l'air d'un café qui fonctionne principalement le matin et le midi. Mais pourquoi pas ajouter un frigo à bière et une TV, ça double tes heures d'exploitation! Ces gens-là ont compris.

Tout de même, notre mission nous attend, alors on quitte pour le troisième endroit: le cours de danse au 2e étage. Armé d'environ 1 litre de courage dans le corps, on monte la cage d'escaliers, on ouvre la porte rendu en haut, afin seulement d'échanger avec les clients de l'endroit des regards médusés de questionnement et de surprise. Il y a des TV, mais ils présentent un téléroman turc. Pas de Coupe Stanley ici. Après 6 secondes, on redescend, à notre grand soulagement et à celui des gens qui étaient là, j'en suis sûr.

... Et on retourne au Pam Pam. Vive les valeurs sures. La faune s'est partiellement renouvelée, mais garde ses caractéristiques essentielles. On reprend les mêmes places, le barman nous demande: «2 grosses 50?» Découvrir un bar et en devenir des habitués en 2 heures? On commence vraiment à avoir le tour. Par contre, ça sent encore les toilettes. Les Red Wings perdent la partie et moi, mon pool.

Mais on aura relevé un autre défi: sortir dans Parc-Extension.

Métro-bars #4: De Castelnau (par Ben)


Après l'échec cuisant du métro De la Savane, on savait d'avance que cette soirée ne pouvait qu'être mieux que celle de la semaine dernière. Et tiens, ce sera De Castelnau. Premier défi: les stations adjacentes sont proches. Jean-Talon à l'est, Parc à l'ouest et Jarry au nord. On n'a pas beaucoup de marge de manoeuvre. On s'engage donc sur le boulevard Saint-Laurent, vers le sud, en plein coeur de la Petite Italie. En faisant attention de ne pas trop s'approcher de Beaubien.

Comme à l'habitude, on cherche donc un endroit où il y a de la bière et la game de hockey. On croise rapidement quelques restos et quelques cafés. Ça aurait été trop facile si on avait cherché un endroit où boire du café et regarder le rubgy.

Le hockey et la bière semblent rares... et on est déjà rendu à la rue St-Zotique! Demi-tour, on est trop proche du métro Beaubien. C'est contre les règles. On avait croisé quelques endroits en chemin, qu'on va ré-analyser en remontant vers De Castelnau. On s'arrête finalement devant un resto-bistro-café quelconque, le Caffe Epoca. Le menu nous promet le 2e pichet à 6$. Avant même qu'on considère pertinent de réfléchir à l'absurdité de l'offre, on est déjà assis à une table, face à une télé présentant la game.

On nous présente un menu. Bon, d'accord. Mais la bière? Premier pichet: 17$...

On s'enligne pour 2 pichets et on démarre la soirée. Les deux premières périodes s'écoulent bien. Le Canadien mène 5 à 2. «Le troisième pichet est tu à 3$?» «Non, il est au prix régulier.» Nous quittons les lieux.

On poursuit notre route vers le nord. Le rugby n'a pas fait place au hockey dans les quelques cafés italiens qu'on croise. On s'arrête finalement, encore une fois, dans un bar de mafia où on prend place dans de grands fauteuils noirs, près de la fenêtre de devant. Le bar est assez grand, mais il manque à peu près 10 tables et 30 chaises pour meubler l'endroit convenablement. Étrange.

La bière disponible est on ne peut plus ordinaire et coûte 5$. Une chance qu'il ne reste qu'une période.

Finalement, le Canadien gagne 6 à 3 et le métro De Castelnau nous réconcilie avec notre projet. Il existe des endroits potables, le temps d'une soirée, pour écouter la game dans un quartier qu'on aurait jamais, jamais songé visiter autrement. À la prochaine!

Métro-bars #4 : De Castelnau (par Raton)

La quatrième étape de notre série de tirages au sort de stations de métro où aller voir le match de hockey nous a menés sur la ligne bleue pour la première fois. En voici le récit.

À partir de la station De Castelnau, nous ne pouvons pas aller tellement loin à l'est (trop proche du métro Jean-Talon), ni à l'ouest (métro Parc), ni au nord (près du parc Jarry, avant le métro du même nom, il semble n'y avoir rien).

Il n'y a donc qu'une solution : la Petite Italie, tout juste au sud de la station de métro. Savoir que notre périmètre est limité nous plaît, après la marche du métro De la Savane, qui a usé nos semelles sur plus de sept kilomètres.

Exceptionnellement, nous accueillons avec nous des fans de notre projet. Nous sommes donc quatre, et nous déambulons vers le sud sur le boulevard Saint-Laurent. Une marche de plusieurs minutes nous mène à constater que les Italiens du coin, lorsqu'ils sortent regarder le match (de soccer ou de hockey), boivent du café, du chocolat chaud, ou peu importe, mais pas de la bière. Nous nous sentons coincés.

Arrivés presque à la limite du territoire du métro Beaubien, un de nos invités remarque un spécial affiché à l'entrée d'un resto/bar : les soirs de match du Canadien, le deuxième pichet coûte 6 $. Il n'en faut pas plus, nous entrons en rigolant au Caffe Epoca.

Nonobstant le fait que pour bénéficier de cette aubaine nous devons d'abord prendre un pichet au prix régulier de 17 $, le deal tient la route. La serveuse elle-même valait amplement les 17 $, de toute façon. Mais nous nous égarons.

L'endroit est une sorte de bistro où on trouve deux grandes télés, dont une dans un espace à l'écart où se trouve également une banquette. On mange bien au Epoca, comme j'ai pu le constater, mais heureusement, un permis de bar fait en sorte qu'on n'est pas obligé de manger dans cet établissement si on veut prendre une bière.

Après deux périodes, il semble manifeste que le Canadien est décidé à infliger une correction bien méritée aux Thrasher d'Atlanta. Quant à nous, il nous faut prendre une décision. C'est 5 à 2, le nouveau trio Koivu-Kovalev-Tanguay a déjà amassé neuf points, il ne nous reste plus de bière, et le troisième pichet coûterait 17 $ comme le premier.

Nous sortons à la recherche d'une autre télé, en espérant que nous ne briserons pas la magie. (Consultez ceci pour comprendre le lien entre notre sortie au hasard et le succès du Canadien.)

Chemin faisant, nous somme rejoints par un autre fan. Décidément, on nous aime. Revenant vers le nord, nous passons devant le Bar Sportivo, qui diffuse la game du Canadien ainsi qu'un match de soccer sur deux grands écrans côte à côte. Belle idée. On ne semble pas y servir de bière cependant. Nous y voyons carrément une vieille serveuse, dans toute sa transalpinitude, ouvrir une boîte que Quick en poudre à même le comptoir.

Tout près, nous entrons finalement dans ce qui semble être le seul autre véritable bar du secteur. Deux écrans présentent le match du Canadien, et un troisième diffuse la défaite des Oilers face aux Red Wings de Détroit. Outre les quelques huit tabourets situés autour bar de forme arrondie, pour la plupart occupés, nous observons que l'endroit compte pour tout mobilier trois tables et onze chaises.

D'emblée, nous n'aimons pas, malgré le cuir de nos sièges. Mais la troisième période est commencée, et nous nous résignons. La bière est chère, on a l'impression de déranger les autres clients et le personnel, et comble de malheur, Zach Bogosian marque pour les Trashers. C'est qui, lui?

Nous survivons à la dernière période, avant de partir et d'oublier à tout jamais cet endroit inhospitalier.

Vraiment, nous avons tous oublié son nom. Pas une grande perte.

En somme, c'est une réussite, tant pour le Canadien que pour le métro De Castelnau. Je retournerais volontier au Caffe Epoca.

Pour les paninis, bien sûr.

Pistes d'exploration dans les environs : Comme je le mentionnais, il n'est pas possible d'aller bien loin sans empiéter sur le territoire d'une autre station. Toutefois, nous avons vu un endroit qui mériterait une visite, toujours sur le boulevard Saint-Laurent, tout près de la rue Saint-Zotique. Nous croyions nous être aventurés trop loin vers la station Beaubien et avons donc fait demi-tour, mais après vérification, ce n'était pas le cas du tout.

(pour voir les commentaires du billet original, rendez-vous ici)