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Metro-bar #27 : Place d'Armes

Je ne crois pas que nous y ayons pensé avant de commencer cette mission, mais il appert que le centre de la ligne orange ne soit pas un endroit rêvé où trouver un bar présentant un match de hockey. Après avoir eu du plaisir près de la station Champ-de-Mars et après nous être désolés de la platitude des environs de Bonaventure un dimanche soir, voici donc que nous avons eu droit à une pige qui nous ramenait dans ces environs : Place-d'Armes.

Nous connaissons très bien les limites du territoire qu'il nous sera permis d'explorer car nous en avons déjà atteint les limites nord et est lors de soirées précédentes. Nous tentons toujours notre chance dans le Quartier chinois, où nous ne découvrons que le Glow, un «lounge» japonais à l'intérieur duquel on présente du karaoké sur grand écran, et où se trouve un bar à crème glacée.

Une courte marche vers l'ouest et il nous semble manifeste que la seule destination potentielle sera le Vieux Montréal.

Ce n'est cependant pas simple. Le Pharaon Lounge, sur St-Paul, ne présente pas le match. Dommage, nous aurions apprécié leur sélection de bières belges.

Nous passons devant un endroit qui ressemble à un bar à porto. Nous percevons le reflet d'un écran de télé présentant le hockey à l'intérieur, mais nous n'arrivons pas à trouver où peu bien se trouver le téléviseur.

Nous tentons une incursion dans l'Auberge Alternative de Jeunesse du Vieux Montréal. Ni bière, ni hockey. Enfin, nous pourrions probablement trouver l'un et l'autre, mais nous n'avons pas particulièrement envie de fouiller l'endroit. Je ne peux pas m'empêcher de penser, en redescendant, qu'il faudrait se montrer plus aventureux dans ce type d'endroit, quitte à expliquer aux voyageurs l'objet de notre mission et de les inviter à nous accompagner.

Poursuivons.

Nous trouvons finalement un restaurant au nom prometteur, le Porto Mar, en pleine Place d'Youville. Nous tentons de nous y installer pour prendre un verre avant de poursuivre notre route. Nous pourrons au moins y regarder une période. Malheureusement, il nous faudrait manger pour y demeurer, et ça ne figure pas parmi nos plans. Toutefois, le très aimable personnage qui nous accueille (propriétaire? maître d'hôtel?) nous pointe une direction en affirmant que nous y trouverons le fruit de nos efforts.

Alors que nous remontons prestement la petite rue Saint-François-Xavier qui longe le côté du restaurant en chantant les louanges de notre bienfaiteur, force nous est de constater que l'endroit parfait où il nous envoie n'est autre que le lieu énigmatique au téléviseur furtif que nous avons aperçu plus tôt.

C'est avec plaisir que nous constatons que l'appareil en question se trouve accroché au dessus de la porte par laquelle nous entrons, ce qui explique sa mystérieuse évanescence lorsqu'on observe l'intérieur à partir de l'extérieur.

Nous sirotons l'un une coupe de vin, l'autre, un Arnold Palmer – vodka, limonade, thé glacé – en regardant la deuxième période et l'espace d'un instant, le pub/bistro Santos nous plaît.

Ce n'est cependant pas une sortie Métro-bar typique, et nous cheminons bientôt vers le nord. Arrivés au coin de Saint-Antoine pratiquement en face du métro Place-d'Armes, nous tombons nez à nez avec ce que nous connaissons : un endroit à l'atmosphère résolument relax, avec bière en pichet, serveuse indifférente avec décolleté, et bien sûr, la game!

Il s'agit du restaurant de l'élégant hôtel Embassy Suites. Il semble que le restaurant soit beaucoup moins raffiné lorsque sa cuisine est fermée et qu'il n'est peuplé que par quelques perdus qui ne cherchent toujours, après tout, qu'un endroit où regarder un match de hockey.

Métro-bar #19 : Champ-de-Mars

C'est vendredi soir que nous avons décidé sur un coup de tête que le repêchage amateur de la Ligue nationale de hockey constituait un événement sportif assez pertinent pour qu'on parte à la recherche d'un bar qui le diffuserait. Mais où chercher? Le hasard nous commanda d'aller se balader autour du métro Champ-de-Mars.

À première vue, un orage menace et le secteur est littéralement coupé en deux parties, à cause de la présence de l'autoroute Ville-Marie qu'on n'a pas encore eu le génie de recouvrir. On sait déjà qu'au sud, on ne devrait pas avoir de difficulté à trouver un bar. C'est le Vieux Montréal, le secteur touristique par excellence. On trouvera facilement, mais notre porte-feuille en souffrira avec des prix attrape-touristes souvent ridiculement élevés.

On commence donc notre exploration du côté nord, en prenant soin de ne pas s'approcher des stations adjacentes, Berri-UQAM et Place-d'Armes. Vous pouvez suivre le trajet que nous avons parcouru en cliquant ici. Vers l'est, on n'aperçoit rien qui attire l'oeil et on estime que dépassé le boulevard René-Lévesque au nord et la rue St-Denis à l'est, on est trop près de Berri-UQAM. On emprunte donc René-Lévesque vers l'ouest à partir de Sanguinet. On remarque l'impressionnante concentration d'hôtels et d'hôpitaux dans le secteur. Y a-t-il un lien à faire? Hum...

On arrive rapidement au boulevard Saint-Laurent, notre limite ouest avant d'empiéter sur le métro Place-d'Armes. On redescend donc la rue située juste à l'est, St-Dominique. Toujours aucun signe de bar. On arrive de retour face à l'autoroute, qu'on traverse via la rue St-Laurent. On est encore trop à l'ouest, donc on longe le Palais de justice et on traverse le Champ de Mars, derrière l'Hôtel de Ville (Google refuse d'illustrer ce parcours parce qu'il ne considère par le Champ de Mars comme une voie de circulation piétonne).

On aboutit finalement dans le Vieux Montréal. Le métro Champ-de-Mars, au nord de l'autoroute, est donc un échec. Hormis quelques restaurants d'hôtels, on n'a rien vu qui ne s'approche d'un bar avec le repêchage amateur de la LNH.

On descend la rue St-Gabriel pour emprunter Saint-Paul vers l'est. On s'étonne à quel point les quartiers touristiques sont pratiquement identiques d'une ville à l'autre. On passe devant Les 3 Brasseurs, Les 2 Pierrots et le Pub Saint-Paul, tous des endroits qui ne suscitent aucun enthousiasme chez nous. Les prix, les ambiances et le «déjà vu» nous poussent à chercher plus loin.

Et nos efforts seront récompensés parce que sur la Place Jacques-Cartier, le Resto-bar À l'Aventure affiche une terrasse remplie et un intérieur vide, avec une grande télé face à une table des plus appropriées. Le menu de bière (exclusivement des produits Unibroue/Sleeman/Sapporo/Google), est impressionnant. On y enfilera pinte après pinte de bières qu'on a rarement l'occasion de déguster en fût. Le Canadien repêchera Louis Leblanc et on aura été touristes à Montréal, le temps d'une soirée (facture de 50$ à l'appui).

On est parvenu à attraper sans problème le dernier métro à la station de Champ-de-Mars, un exploit qui a failli nous échapper. Nos factures ont été produites à 00:41 et le dernier train vers Montmorency passe à 00:52. Faut croire qu'il nous a attendus...

Métro-bar #13 : Saint-Laurent

Wow. Pour cette édition spéciale du rallye métro-bars, nos invités ont été amplement choyés. Merci d'ailleurs à Christine, John, Guylaine et Julien de s'être joints à nous hier soir pour explorer les alentours, et découvrir les trésors cachés du métro Saint-Laurent.

Tel que nous l'avions annoncé, nous attendions donc à 19h00 devant les tourniquets de la station. On discute d'abord brièvement de stratégie d'exploration. Malgré toutes les promesses que recèle le nom de la station, nous devons nous rendre à l'évidence : nous n'irons pas très loin. À l'est, l'édicule de la sortie Saint-Denis de Berri-UQAM est situé tout près. À l'ouest, c'est la Place des Arts qui nous regarde de haut. Au sud, la ligne orange fait du boulevard René-Lévesque notre limite.

C'est au nord que la Main s'étend, où on trouve tout plein de places branchées, et tout ce que ça implique. Mais un instant... Déjà à la rue Prince-Arthur, le métro Sherbrooke est plus près. Rendus au coin d'Ontario, Raton se rappelle qu'il n'y a rien vers le nord d'ici Sherbrooke, à part le cabaret du Musée Juste pour rire, qui ne présente sûrement pas la game Hurricanes - Penguins ce soir. Vers l'est, il y a des bars en face du cégep du Vieux Montréal, mais c'est trop près de Berri-UQAM.

Nous choisissons la rue Clark pour revenir vers le sud. Quelques travaux sont en cours dans le secteur. C'est un euphémisme en fait, car il faudrait plutôt dire que le secteur est en train d'être détruit pour en fabriquer un nouveau. Nous remarquons l'arrière des commerces du boulevard en déambulant, et nous nous souvenons du fait que le quadrilatère s'étendant de Sainte-Catherine à Réné-Lévesque et de Clark à Saint-Laurent s'apprête à tomber sous les coups d'expropriations et de recontruction. Ça paraît, c'est tout croche. À peine remis de notre soirée dans les hôtels autour du métro Bonaventure, nous considérons brièvement l'option. Mais pas vraiment...

L'enseigne d'un commerce sans rapport avec nos intérêts arbore le mot «taverne» sur ses flancs gauche et droit. Mais le commerce n'a rien à voir avec de la bière. Ça fait deux fois qu'on se fait berner par ce mot invitant (voir le compte-rendu de notre soirée au métro Villa-Maria).

Résignés, nous revenons sur Saint-Laurent et c'est alors que nous voyons l'endroit le moins accueillant de tous les temps, tout en sachant que c'est exactement là où on s'en va : le Midway, à l'ombre du Club Soda. Une taverne tout ce qu'il y a de plus obscur et peuplée d'habitués, en plein coeur de l'ancien Red Light, du futur Quartier des spectacles, et à quelques pas de la fameuse intersection Saint-Laurent / Sainte-Catherine.

On y entre et il fait sombre, très sombre. Nous trouvons une place au centre du Midway, entourés de gens du troisième âge, ou même du quatrième. Nous nous souvenons du légendaire bar Sherbrooke, autrefois au coin de Sainte-Catherine et Sanguinet, et maintenant fermé après que l'UQÀM ait acheté l'édifice où il se trouvait. On dirait que les habitués du Sherbrooke se soient trouvés un nouveau nid ici. Plusieurs d'entre eux sont déjà attablés, cordés les uns à côté des autres face à la scène où Lyne Beauchamps fera son spectacle plus tard en soirée. À ne pas confondre avec Line Beauchamp. On commande chacun une grosse bière et le fun commence.

Un vieux monsieur nous regarde avec le plus grand sourire édenté que la vie m'ait donné l'occasion de voir. Le toit en forme de voûte au-dessus de notre table fait faire de l'écho à tout ce qu'on dit. La game de hockey sur la petite TV dans le coin n'intéresse personne. Même pas nous, en fait, tellement cet endroit est incroyable. Celui qu'on soupçonne être le gérant de Lyne Beauchamps s'attable près du stage, demi-litre de vin rouge à la main et costume de cowboy en prime. Dans notre monde imaginaire, il sera le Colonel Poitras. John soutient qu'il y aurait de quoi écrire un roman avec tous les personnages de cette taverne.



Une étrange machine attire notre attention. On y place les bouteilles de bière vides, et elle les mange. Nous n'avons jamais rien vu de tel. Voici une taverne du 21e siècle!



Des gens jouent avec le jukebox, ce qui fait que du pop-rap des années 90 précède Stairway To Heaven de Led Zeppelin et Janie's Got A Gun de Aerosmith. Et oui, ça commence à danser.

Le vieux monsieur de tantôt se bat avec les essuies-tout au bar après un accident d'éternuement. Il nous montre comment on se mouche dans un endroit comme celui où nous nous trouvons. La chose qui sortait de son nez aurait pu s'apparenter à une cravate. Unanimement, nous décidons que nous aurions pu nous en passer.

Le barman remarque bien notre émerveillement face à ce qui se passe autour de nous et nous fait remarquer qu'«ici, y'a un show de même tous les soirs et ça coûte rien. Y'a des choses ici que vous voyez jamais ailleurs». Un lutin passe devant nous (petit, oreilles pointues, avec chapeau, sans blague). Dans la salle de bains des filles, ouvrir le robinet d'un lavabo fait couler l'eau dans les deux lavabos en même temps. Le Colonel Poitras n'a pas bougé d'un poil, sirotant toujours son vin rouge.

Le bar possède une entrée secondaire à l'arrière, sur Saint-Dominique. Près de cette entrée se trouve une table de pool, et la Mission Métro-bar observe un nouveau défi. Nous sommes tous deux assez médiocres au pool. Il nous reste 55 stations de métro à explorer, et dorénavant, nous jouerons. Au soir 68, le dernier de notre mission, nous battrons quiconque s'y présentera. La présence d'une table de pool ne devient pas un critère, mais quand il y en aura une, nous devrons nous exercer. Nous verrons ce que ça donnera.

Dehors, près de la porte arrière, nous découvrons une petite porte d'à peine deux pieds de haut, qui mène probablement vers le monde magique des lutins (c'est de là que venait celui qu'on a vu plus tôt!).

Nous pourrions continuer comme ça pendant des pages. Ce fut la soirée la plus intense de la Mission, jusqu'à présent. Nous devrons déterminer si c'était la pire ou la meilleure, mais une chose est certaine, c'était indiscutablement la plus weird à ce jour. Heureusement que nous étions accompagnés d'invités, parce qu'on n'aurait probablement jamais enduré ça aussi longtemps. De 19h30 à minuit quand même, faut le faire.

Un arrêt à la pizzeria nous a permis de partager un repas en famille, avant de rentrer chacun chez soi.

L'idée d'inviter des gens était un succès. La deuxième soirée métro-bars ouverte au public aura lieu le samedi 6 juin prochain. La destination sera pigée et annoncée ici même à 18h cette journée. Le rendez-vous se tiendra à 19h. Soyez-y.

Métro-bar #12 : Bonaventure

La pige du métro Bonaventure dimanche dernier est la première incursion du rallye métro-bars dans le coeur du centre-ville, à l'exception peut-être du métro Guy-Concordia, qui a été notre destination lors de la toute première soirée de ce projet.

Encore une fois, les stations adjacentes (Square-Victoria, Lucien-L'Allier et Peel) sont situées très près d'où on se trouve. Et contrairement à ce qu'on pourrait croire, le secteur où on se trouve n'est pas des plus propices en bars. Il faut aller plus au nord, vers la rue Ste-Catherine pour en trouver. Mais c'est trop près de Peel. Contre nos règles. C'est Bonaventure qu'on a pigé.

Il y a le St-Hubert de la Gare Windsor. Même si c'est un restaurant, on peut y boire une bière sans manger. Mais il ne risque pas d'y avoir de sports à la télé. Après quelques explorations infructueuses à la Gare centrale et au 1000 de la Gauchetière, on décide plutôt d'aller vers le sud, dans le quartier pratiquement fantôme de Griffintown, autrefois un quartier irlandais très animé.

Nos explorations nous emmènent à observer des curiosités, à soupçonner la présence d'un bordel et à se buter à trois bars fermés. Je comprends qu'on soit dimanche soir, mais quand même. Le bar de l'ETS, le bar Griffintown et une autre taverne dont le nom m'échappe, au coin Wellington et De La Montagne sont tous fermés.



Nous remarquons une étrange présence de jeunes filles dans des tenues minimalistes. Pourquoi dans ce secteur? Il n'y a rien. Pourtant...

Nous émettons l'hypothèse que ces gens aient choisi leur quartier général en fonction de l'intersection où il se trouve. Au coin des rues William et Murray, une prostituée aurait été décapitée en pleine rue par une collègue à la suite d'une soirée où selon la légende, au 19e siècle, elle aurait baisé un individu que l'autre désirait... Les édifices présumément vides du secteur auraient donc une fonction. Tant mieux.

On remonte donc tranquillement vers le centre-ville, en se demandant bien comment on réussira notre mission cette fois. Oui, il y a toujours le St-Hubert, pour sauver les meubles. Bonaventure est plus un secteur d'hôtels que de divertissement.

D'hôtels... Il y a des bars dans les hôtels! Marriot, Sheraton, Reine-Élizabeth, Hilton, ils sont tous là! Un hôtel possède généralement un bar. Un plus un égale généralement deux.

Premier arrêt : le Marriot. Notre accoutrement inapproprié nous fait hésiter, mais fuck off, on rentre quand même. On se fraie un chemin jusqu'au bar, où on déguste une pinte assis au bar, en mangeant des amuse-gueules gratuits. On se sent presque dignes de l'endroit. Après un verre, on se dirige vers le Sheraton. Faut quand même en essayer plus d'un. Avant de partir, on constate qu'on a l'option de faire porter le montant notre addition à la facture de notre séjour. Il suffit d'indiquer notre numéro de chambre. «202, ça existe sûrement...»

Non, on ne l'a pas fait. Quand même.

Rendu au Sheraton, on est encore une fois assis au bar, pinte à la main. On se fait servir et respecter comme si on était client de l'hôtel. On engouffre les mêmes amuse-gueules gratuits qu'à l'autre place.

Il reste quelques hôtels dans le coin, mais un moment donné, ça va faire. Rien n'exclut toutefois qu'on se pointe au 737 (le bar au sommet de la Place Ville-Marie) lorsqu'on pigera McGill. C'est drôle de jouer aux riches de temps en temps. Mais pas trop souvent. Ça coûte cher.

Métro-bars #1 : Guy-Concordia (par Raton)

En guise d'introduction, voici de quoi il s'agit : périodiquement, Ben et moi-même pigerons au hasard une station de métro un soir de match du Canadien, et trouverons à partir de cette station un endroit où regarder la game.

La préparation est nulle, la pige, finale. Toutes les 68 stations du métro montréalais sont éligibles.

Chaque coin de béton, de gazon, de terre ou de garnotte mérite qu'on s'y attarde un moment lorsqu'on aime cette ville. Nous en connaissons déjà des grands bouts, mais nous avons la conviction qu'en nous projetant aléatoirement sur un coin de rue ou un autre, et en faisant un minimum de marche, il sera chaque fois possible de découvrir des endroits qui en valent la peine.

Notre version de «se projeter aléatoirement» consiste donc à piger des stations de métro et à marcher dans leurs environs jusqu'à trouver un endroit qui sera notre maison pour une soirée. Premier arrêt : Guy-Concordia, le mardi 24 février dernier. Les Canucks rendaient visite au Canadien.

À priori, nous connaissions deux endroits à proximité de cette station de l'ouest du centre-ville : le Sharx Pool Bar et la rue Crescent. Cette dernière étant davantage en territoire appartenant à Lucien-L'Allier, et le Sharx étant déjà connu, nous avons sillonné les quelques rues de l'entourage sud-est immédiat de la station de métro, ouvrant l'oeil à la recherche d'un havre muni de bière et d'une TV.

Notre marche nous a menés sur Mackay jusqu'à René-Lévesque, puis sur Guy en remontant vers Sainte-Catherine. Chemin faisant, nous avons rapidement écarté l'idée d'aller voir si quelques étrangers n'avaient pas envie de partager le match avec nous à l'auberge de jeunesse Hi-Montréal. Presque en face, la curieuse structure circulaire surplombant l'entrée de l'Hôtel Maritime a aussi brièvement attiré notre attention.

Cependant, c'est tout juste en face du Couvent des Soeurs Grises, sur Guy, que nous avons finalement trouvé ce qui allait devenir notre refuge de la soirée, leAndrew's Pub.

Il s'agit d'un pub/taverne dans un sous-sol, où la sympathique barmaid a augmenté le volume de la télé tout en nous offrant de la grosse Labbat 50 à un prix abordable. Le popcorn gratuit a constitué un avantage louable, mais gare à votre lobe frontal en revenant des toilettes, car le plafond et la dernière marche ont un petit problème d'alignement qui pourrait vous octroyer un aller simple vers le sol.

Tout comme le Canadien, qui a gagné 3-0 ce soir-là, ce fut une splendide victoire pour Guy-Concordia. Nous retournerons aussi probablement chez Andrew, car nous y avons trouvé le confort qu'on espère d'un bar, l'accueil chaleureux qu'on recherche chez une barmaid, et les murs en bois qu'on voudrait voir partout (sauf là où il y a des murs en brique).

Pistes d'exploration dans les environs : le nord de la station, où la rue Guy devient le chemin de la Côte-des-Neiges; l'ouest immédiat du métro, les rues Saint-Mathieu, Saint-Marc; est-ce qu'il y a un bar dans l'université Concordia?

(pour voir les commentaires du billet original, rendez-vous ici)

Métro-bars #1: Guy-Concordia (par Ben)

Quelqu’un comme moi qui s’intéresse à ce point au monde municipal doit parfois être assez imaginatif pour satisfaire sa soif de connaissances. L’actualité politique et les ouvrages historiques traitant des villes et des quartiers ne sont pas ce qu’il y a de plus abondant. On doit trouver d’autres façons de découvrir des quartiers qu’on pense connaître, sans que ça ne soit vraiment le cas.

Parallèlement, aller boire une bière toujours au même bar, c’est bien. Mais chercher à découvrir des endroits différents, c’est bien aussi. Sauf qu’il nous faut une motivation, un prétexte pour dire: ce soir, je vais ailleurs. Et encore, aller où?

De cette réflexion est issue l’idée du rallye métro-bars, une activité que j’ai amorcée récemment avec nul autre que mon ami Raton. Rien à voir avec ces amis ratons... Celui-là est toujours prêt à me suivre dans un projet de la sorte, fort peu attrayant pour la plupart des gens, mais taillé sur mesure pour des gens comme nous.

L’idée est donc simple. On pige au hasard le nom d’une des 68 stations du réseau de métro montréalais, on s’y rend et on trouve un établissement inconnu pour y regarder la game de hockey. Quelques règles sont à respecter. On ne prend pas l’autobus rendu à la station en question et on ne marche pas délibérément en direction d’une autre station de métro. L’endroit trouvé doit avoir comme station de métro la plus près celle que nous avons pigée.

La première expérience s’est donc tenue le mardi 24 février dernier et c’est le métro Guy-Concordia qui est sorti du chapeau.

Situé à l’extrémité ouest du centre-ville touristique, le métro Guy-Concordia présente un très fort potentiel en termes de bars. Nous en connaissions déjà quelques-uns, mais évidemment, le but est de faire une découverte. Malgré le froid, nous avons donc tourné en rond pendant une quinzaine de minutes, en prenant le temps de se perdre dans un stationnement qui mène nulle part. Après s’être pratiquement rendu jusqu’au Centre Bell, on revient vers le rue Guy où on s’est finalement arrêté au Andrew’s Pub. Une sorte de taverne de quartier assez grande pour accueillir 150 clients, mais en hébergeant seulement 1 ou 2 quand nous sommes arrivés. Un endroit charmant et sans prétention dans un quartier qui propose trop souvent le contraire.

Le choix de bières de l’endroit ne nous laisse d’autre alternative que d’y aller avec des grosses Labbat 50. Et la serveuse nous donnait du pop corn. Ce fut donc un excellent endroit où regarder la victoire de 3-0 du Canadien face aux Canucks, le but majestueux de Tomas Plekanec et les plaques de char étrangères accrochées au mur. Vraiment, un endroit insoupçonné, à quelques mètres de l’étouffante rue Crescent.

Preuve que les apparences trompent trop souvent. En creusant un peu, on trouve souvent mieux. Ce quartier - et ce bar - sont sans aucun doute à revisiter.