Metro-bar #27 : Place d'Armes
Ligne orange, Ville-MarieMétro-bar #19 : Champ-de-Mars
Ligne orange, Ville-Marie
C'est vendredi soir que nous avons décidé sur un coup de tête que le repêchage amateur de la Ligue nationale de hockey constituait un événement sportif assez pertinent pour qu'on parte à la recherche d'un bar qui le diffuserait. Mais où chercher? Le hasard nous commanda d'aller se balader autour du métro Champ-de-Mars.
À première vue, un orage menace et le secteur est littéralement coupé en deux parties, à cause de la présence de l'autoroute Ville-Marie qu'on n'a pas encore eu le génie de recouvrir. On sait déjà qu'au sud, on ne devrait pas avoir de difficulté à trouver un bar. C'est le Vieux Montréal, le secteur touristique par excellence. On trouvera facilement, mais notre porte-feuille en souffrira avec des prix attrape-touristes souvent ridiculement élevés.
On commence donc notre exploration du côté nord, en prenant soin de ne pas s'approcher des stations adjacentes, Berri-UQAM et Place-d'Armes. Vous pouvez suivre le trajet que nous avons parcouru en cliquant ici. Vers l'est, on n'aperçoit rien qui attire l'oeil et on estime que dépassé le boulevard René-Lévesque au nord et la rue St-Denis à l'est, on est trop près de Berri-UQAM. On emprunte donc René-Lévesque vers l'ouest à partir de Sanguinet. On remarque l'impressionnante concentration d'hôtels et d'hôpitaux dans le secteur. Y a-t-il un lien à faire? Hum...
On arrive rapidement au boulevard Saint-Laurent, notre limite ouest avant d'empiéter sur le métro Place-d'Armes. On redescend donc la rue située juste à l'est, St-Dominique. Toujours aucun signe de bar. On arrive de retour face à l'autoroute, qu'on traverse via la rue St-Laurent. On est encore trop à l'ouest, donc on longe le Palais de justice et on traverse le Champ de Mars, derrière l'Hôtel de Ville (Google refuse d'illustrer ce parcours parce qu'il ne considère par le Champ de Mars comme une voie de circulation piétonne).
On aboutit finalement dans le Vieux Montréal. Le métro Champ-de-Mars, au nord de l'autoroute, est donc un échec. Hormis quelques restaurants d'hôtels, on n'a rien vu qui ne s'approche d'un bar avec le repêchage amateur de la LNH.
On descend la rue St-Gabriel pour emprunter Saint-Paul vers l'est. On s'étonne à quel point les quartiers touristiques sont pratiquement identiques d'une ville à l'autre. On passe devant Les 3 Brasseurs, Les 2 Pierrots et le Pub Saint-Paul, tous des endroits qui ne suscitent aucun enthousiasme chez nous. Les prix, les ambiances et le «déjà vu» nous poussent à chercher plus loin.
Et nos efforts seront récompensés parce que sur la Place Jacques-Cartier, le Resto-bar À l'Aventure affiche une terrasse remplie et un intérieur vide, avec une grande télé face à une table des plus appropriées. Le menu de bière (exclusivement des produits Unibroue/Sleeman/Sapporo/Google), est impressionnant. On y enfilera pinte après pinte de bières qu'on a rarement l'occasion de déguster en fût. Le Canadien repêchera Louis Leblanc et on aura été touristes à Montréal, le temps d'une soirée (facture de 50$ à l'appui).
On est parvenu à attraper sans problème le dernier métro à la station de Champ-de-Mars, un exploit qui a failli nous échapper. Nos factures ont été produites à 00:41 et le dernier train vers Montmorency passe à 00:52. Faut croire qu'il nous a attendus...
Métro-bar #13 : Saint-Laurent
Ligne verte, Ville-Marie
Wow. Pour cette édition spéciale du rallye métro-bars, nos invités ont été amplement choyés. Merci d'ailleurs à Christine, John, Guylaine et Julien de s'être joints à nous hier soir pour explorer les alentours, et découvrir les trésors cachés du métro Saint-Laurent.
Tel que nous l'avions annoncé, nous attendions donc à 19h00 devant les tourniquets de la station. On discute d'abord brièvement de stratégie d'exploration. Malgré toutes les promesses que recèle le nom de la station, nous devons nous rendre à l'évidence : nous n'irons pas très loin. À l'est, l'édicule de la sortie Saint-Denis de Berri-UQAM est situé tout près. À l'ouest, c'est la Place des Arts qui nous regarde de haut. Au sud, la ligne orange fait du boulevard René-Lévesque notre limite.
C'est au nord que la Main s'étend, où on trouve tout plein de places branchées, et tout ce que ça implique. Mais un instant... Déjà à la rue Prince-Arthur, le métro Sherbrooke est plus près. Rendus au coin d'Ontario, Raton se rappelle qu'il n'y a rien vers le nord d'ici Sherbrooke, à part le cabaret du Musée Juste pour rire, qui ne présente sûrement pas la game Hurricanes - Penguins ce soir. Vers l'est, il y a des bars en face du cégep du Vieux Montréal, mais c'est trop près de Berri-UQAM.
Nous choisissons la rue Clark pour revenir vers le sud. Quelques travaux sont en cours dans le secteur. C'est un euphémisme en fait, car il faudrait plutôt dire que le secteur est en train d'être détruit pour en fabriquer un nouveau. Nous remarquons l'arrière des commerces du boulevard en déambulant, et nous nous souvenons du fait que le quadrilatère s'étendant de Sainte-Catherine à Réné-Lévesque et de Clark à Saint-Laurent s'apprête à tomber sous les coups d'expropriations et de recontruction. Ça paraît, c'est tout croche. À peine remis de notre soirée dans les hôtels autour du métro Bonaventure, nous considérons brièvement l'option. Mais pas vraiment...
L'enseigne d'un commerce sans rapport avec nos intérêts arbore le mot «taverne» sur ses flancs gauche et droit. Mais le commerce n'a rien à voir avec de la bière. Ça fait deux fois qu'on se fait berner par ce mot invitant (voir le compte-rendu de notre soirée au métro Villa-Maria).
Résignés, nous revenons sur Saint-Laurent et c'est alors que nous voyons l'endroit le moins accueillant de tous les temps, tout en sachant que c'est exactement là où on s'en va : le Midway, à l'ombre du Club Soda. Une taverne tout ce qu'il y a de plus obscur et peuplée d'habitués, en plein coeur de l'ancien Red Light, du futur Quartier des spectacles, et à quelques pas de la fameuse intersection Saint-Laurent / Sainte-Catherine.
On y entre et il fait sombre, très sombre. Nous trouvons une place au centre du Midway, entourés de gens du troisième âge, ou même du quatrième. Nous nous souvenons du légendaire bar Sherbrooke, autrefois au coin de Sainte-Catherine et Sanguinet, et maintenant fermé après que l'UQÀM ait acheté l'édifice où il se trouvait. On dirait que les habitués du Sherbrooke se soient trouvés un nouveau nid ici. Plusieurs d'entre eux sont déjà attablés, cordés les uns à côté des autres face à la scène où Lyne Beauchamps fera son spectacle plus tard en soirée. À ne pas confondre avec Line Beauchamp. On commande chacun une grosse bière et le fun commence.
Un vieux monsieur nous regarde avec le plus grand sourire édenté que la vie m'ait donné l'occasion de voir. Le toit en forme de voûte au-dessus de notre table fait faire de l'écho à tout ce qu'on dit. La game de hockey sur la petite TV dans le coin n'intéresse personne. Même pas nous, en fait, tellement cet endroit est incroyable. Celui qu'on soupçonne être le gérant de Lyne Beauchamps s'attable près du stage, demi-litre de vin rouge à la main et costume de cowboy en prime. Dans notre monde imaginaire, il sera le Colonel Poitras. John soutient qu'il y aurait de quoi écrire un roman avec tous les personnages de cette taverne.

Des gens jouent avec le jukebox, ce qui fait que du pop-rap des années 90 précède Stairway To Heaven de Led Zeppelin et Janie's Got A Gun de Aerosmith. Et oui, ça commence à danser.
Le vieux monsieur de tantôt se bat avec les essuies-tout au bar après un accident d'éternuement. Il nous montre comment on se mouche dans un endroit comme celui où nous nous trouvons. La chose qui sortait de son nez aurait pu s'apparenter à une cravate. Unanimement, nous décidons que nous aurions pu nous en passer.
Dehors, près de la porte arrière, nous découvrons une petite porte d'à peine deux pieds de haut, qui mène probablement vers le monde magique des lutins (c'est de là que venait celui qu'on a vu plus tôt!).
Nous pourrions continuer comme ça pendant des pages. Ce fut la soirée la plus intense de la Mission, jusqu'à présent. Nous devrons déterminer si c'était la pire ou la meilleure, mais une chose est certaine, c'était indiscutablement la plus weird à ce jour. Heureusement que nous étions accompagnés d'invités, parce qu'on n'aurait probablement jamais enduré ça aussi longtemps. De 19h30 à minuit quand même, faut le faire.
Un arrêt à la pizzeria nous a permis de partager un repas en famille, avant de rentrer chacun chez soi.
L'idée d'inviter des gens était un succès. La deuxième soirée métro-bars ouverte au public aura lieu le samedi 6 juin prochain. La destination sera pigée et annoncée ici même à 18h cette journée. Le rendez-vous se tiendra à 19h. Soyez-y.
Métro-bar #12 : Bonaventure
Ligne orange, Ville-Marie
La pige du métro Bonaventure dimanche dernier est la première incursion du rallye métro-bars dans le coeur du centre-ville, à l'exception peut-être du métro Guy-Concordia, qui a été notre destination lors de la toute première soirée de ce projet.
Encore une fois, les stations adjacentes (Square-Victoria, Lucien-L'Allier et Peel) sont situées très près d'où on se trouve. Et contrairement à ce qu'on pourrait croire, le secteur où on se trouve n'est pas des plus propices en bars. Il faut aller plus au nord, vers la rue Ste-Catherine pour en trouver. Mais c'est trop près de Peel. Contre nos règles. C'est Bonaventure qu'on a pigé.
Il y a le St-Hubert de la Gare Windsor. Même si c'est un restaurant, on peut y boire une bière sans manger. Mais il ne risque pas d'y avoir de sports à la télé. Après quelques explorations infructueuses à la Gare centrale et au 1000 de la Gauchetière, on décide plutôt d'aller vers le sud, dans le quartier pratiquement fantôme de Griffintown, autrefois un quartier irlandais très animé.
Nos explorations nous emmènent à observer des curiosités, à soupçonner la présence d'un bordel et à se buter à trois bars fermés. Je comprends qu'on soit dimanche soir, mais quand même. Le bar de l'ETS, le bar Griffintown et une autre taverne dont le nom m'échappe, au coin Wellington et De La Montagne sont tous fermés.
On remonte donc tranquillement vers le centre-ville, en se demandant bien comment on réussira notre mission cette fois. Oui, il y a toujours le St-Hubert, pour sauver les meubles. Bonaventure est plus un secteur d'hôtels que de divertissement.
D'hôtels... Il y a des bars dans les hôtels! Marriot, Sheraton, Reine-Élizabeth, Hilton, ils sont tous là! Un hôtel possède généralement un bar. Un plus un égale généralement deux.
Premier arrêt : le Marriot. Notre accoutrement inapproprié nous fait hésiter, mais fuck off, on rentre quand même. On se fraie un chemin jusqu'au bar, où on déguste une pinte assis au bar, en mangeant des amuse-gueules gratuits. On se sent presque dignes de l'endroit. Après un verre, on se dirige vers le Sheraton. Faut quand même en essayer plus d'un. Avant de partir, on constate qu'on a l'option de faire porter le montant notre addition à la facture de notre séjour. Il suffit d'indiquer notre numéro de chambre. «202, ça existe sûrement...»
Non, on ne l'a pas fait. Quand même.
Rendu au Sheraton, on est encore une fois assis au bar, pinte à la main. On se fait servir et respecter comme si on était client de l'hôtel. On engouffre les mêmes amuse-gueules gratuits qu'à l'autre place.
Il reste quelques hôtels dans le coin, mais un moment donné, ça va faire. Rien n'exclut toutefois qu'on se pointe au 737 (le bar au sommet de la Place Ville-Marie) lorsqu'on pigera McGill. C'est drôle de jouer aux riches de temps en temps. Mais pas trop souvent. Ça coûte cher.
Métro-bars #1 : Guy-Concordia (par Raton)
Ligne verte, Ville-MarieMétro-bars #1: Guy-Concordia (par Ben)
Ligne verte, Ville-Marie
Quelqu’un comme moi qui s’intéresse à ce point au monde municipal doit parfois être assez imaginatif pour satisfaire sa soif de connaissances. L’actualité politique et les ouvrages historiques traitant des villes et des quartiers ne sont pas ce qu’il y a de plus abondant. On doit trouver d’autres façons de découvrir des quartiers qu’on pense connaître, sans que ça ne soit vraiment le cas.
Parallèlement, aller boire une bière toujours au même bar, c’est bien. Mais chercher à découvrir des endroits différents, c’est bien aussi. Sauf qu’il nous faut une motivation, un prétexte pour dire: ce soir, je vais ailleurs. Et encore, aller où?
De cette réflexion est issue l’idée du rallye métro-bars, une activité que j’ai amorcée récemment avec nul autre que mon ami Raton. Rien à voir avec ces amis ratons... Celui-là est toujours prêt à me suivre dans un projet de la sorte, fort peu attrayant pour la plupart des gens, mais taillé sur mesure pour des gens comme nous.
L’idée est donc simple. On pige au hasard le nom d’une des 68 stations du réseau de métro montréalais, on s’y rend et on trouve un établissement inconnu pour y regarder la game de hockey. Quelques règles sont à respecter. On ne prend pas l’autobus rendu à la station en question et on ne marche pas délibérément en direction d’une autre station de métro. L’endroit trouvé doit avoir comme station de métro la plus près celle que nous avons pigée.
La première expérience s’est donc tenue le mardi 24 février dernier et c’est le métro Guy-Concordia qui est sorti du chapeau.
Situé à l’extrémité ouest du centre-ville touristique, le métro Guy-Concordia présente un très fort potentiel en termes de bars. Nous en connaissions déjà quelques-uns, mais évidemment, le but est de faire une découverte. Malgré le froid, nous avons donc tourné en rond pendant une quinzaine de minutes, en prenant le temps de se perdre dans un stationnement qui mène nulle part. Après s’être pratiquement rendu jusqu’au Centre Bell, on revient vers le rue Guy où on s’est finalement arrêté au Andrew’s Pub. Une sorte de taverne de quartier assez grande pour accueillir 150 clients, mais en hébergeant seulement 1 ou 2 quand nous sommes arrivés. Un endroit charmant et sans prétention dans un quartier qui propose trop souvent le contraire.
Le choix de bières de l’endroit ne nous laisse d’autre alternative que d’y aller avec des grosses Labbat 50. Et la serveuse nous donnait du pop corn. Ce fut donc un excellent endroit où regarder la victoire de 3-0 du Canadien face aux Canucks, le but majestueux de Tomas Plekanec et les plaques de char étrangères accrochées au mur. Vraiment, un endroit insoupçonné, à quelques mètres de l’étouffante rue Crescent.
Preuve que les apparences trompent trop souvent. En creusant un peu, on trouve souvent mieux. Ce quartier - et ce bar - sont sans aucun doute à revisiter.

