Trio, triolet, trinité... C'est la troisième fois que le sort nous mène à une station de métro située à Verdun, et la dernière. Construite au milieu de rien du tout sauf ce qui s'annonçait devenir un quartier résidentiel, la station Lasalle n'annonce rien de bien prometteur.
C'est bien à un quartier résidentiel que nous sommes confrontés. Rien d'un côté, rien de l'autre. Après une marche de plusieurs minutes qui nous mène accidentellement à côté du métro Charlevoix, nous retrouvons ce que nous croyions dès le départ être le seul endroit répondant aux exigences de notre mission.
Il s'agit du pub St-Charles. On y trouve quelques tables de poker, quelques autres tables, quelques téléviseurs, et une décoration typique de taverne qui voue un culte à Joe Sakic.
Nous manquons malheureusement l'hommage à Pat Burns avant la partie. Nous larmoyons à son sujet depuis plusieurs longues minutes lorsque subitement, la musique radio du bar fait place au son du match précisément au «ô» du «Ô Canada». Tout le monde fait le saut, incluant la barmaid.
D'ailleurs, celle-ci est probablement la seule au monde qui reprend les grosses 50 vides sans offrir de bière supplémentaire. On doit en effet user de ruse pour attirer son attention et obtenir un peu plus à boire.
Pour profiter pleinement de cet endroit unique, rendez-vous au coin de Wellington et Butler. C'est situé immédiatement à la sortie de Verdun, dans Pointe-Saint-Charles, tout juste de l'autre côté du viaduc de l'autoroute menant au pont Champlain.
En somme, le pub St-Charles est ce type d'endroit où jamais personne n'irait en métro. Sauf nous. Heureusement, les Maple Leafs n'ont pas été de taille pour le Canadien.
Métro-bar #29 : Lasalle
Ligne verte, VerdunMétro-bar #26 : Angrignon
Ligne verte, Sud-OuestC’est le jeudi 11 mars 2010 qu’a eu lieu la 26e édition de la Mission Métro-Bar. Et c’est le 17 octobre qu’on en publie le compte-rendu. En effet, la Mission a vivement perdu de la vitesse en 2009-2010, ce qui est dû à divers facteurs plus ou moins valables pour justifier le quasi-abandon d’une si noble Mission.
Soyez rassurés, nous comptons reprendre un certain rythme de croisière, maintenant que la saga des gardiens de but du Canadien est terminée et que nous avons enfin, pour la première fois depuis plusieurs saisons, un vrai et indiscutable gardien #1.
Quelques jours après s’être mérité une promesse de bière gratuite lors de la soirée #25, nous décidons d’abord de retourner au Café Pino, notre trouvaille du métro De L’Église, pour réclamer notre dû. Nous savourons notre butin, avant d’en commander une deuxième et de procéder au choix aléatoire de notre destination de la soirée. Après s’être enfoncés dans un coin éloigné de la ligne verte, nous espérions fort mieux, avouons-le, que de se retrouver... au terminus Angrignon.
Bordé par le Parc Angrignon et isolé de toute densité urbaine digne de ce nom, la station Angrignon sert essentiellement de terminus d’autobus afin de se rendre loin, plus loin. Pour la page d’histoire, sachez que la station Angrignon a été construite un peu nulle part, du côté est du Parc Angrignon parce qu’à l’époque, le maire de LaSalle, dont les limites municipales sont situées du côté ouest du parc, avait refusé qu’une station de métro soit construite dans sa municipalité. Comprenons que sa ville aurait alors eu à financer une partie des coûts d’exploitation du métro. C’est ce qui fait que l’arrondissement LaSalle est aujourd’hui passablement isolé et que ça prend une éternité pour se rendre au Cégep André-Laurendeau, alors que la station Angrignon était à l’origine supposée être située juste à côté. Applaudissons, encore une fois, le côté visionnaire de nos élus.
Pris du mauvais côté du parc, nous nous engageons donc vers le boulevard Newman, où centre d’achat (le Carrefour Angrignon) et autres commerces obèses s’offrent à nous. Il s’agit vraiment de la seule option que nous avions. Vers l’est, un quartier résidentiel et la station Monk nous rebutaient. Au sud, en longeant le parc, on arrive au Canal de l’aqueduc sans avoir croisé le moindre commerce. Et au nord, on n’a droit qu’à l’autoroute 20.
On marche donc vers l’ouest, en longeant l’extrémité nord du parc. On songe à entrer au Carrefour Angrignon et chercher un petit bar de loteries vidéo, ce qui nous aurait permis de tenir compagnie à la pauvre barmaid de 17 ans qui doit écouter le hockey seule, sans jamais parler à personne. Mais nous y renonçons et aboutissons finalement (on n’a rien trouvé de mieux, sérieux!), au Buffet Vichy. Un resto de moyenne gamme comme il y en a tant dans les quartiers un peu excentrés. Passé 20h, un soir de semaine, c’était déjà assez tranquille, surtout dans la section bar, que nous avons investie.
La game passe dans une petite télé, sans le son. On boit de la Rickard’s Red vendue trop chère et on mange peut-être un petit quelque chose. Je ne suis plus certain; ma mémoire me fait défaut.
On a sérieusement regardé en silence le match jusqu’à la fin, avant de retourner à pied jusqu’au métro Angrignon, là où la vue de nos bons vieux trains bleus nous a réconfortés en nous rappelant que oui, nous n’étions pas si loin de chez nous.
Pourquoi la Mission a perdu son rythme au cours de la dernière année? Parce que nous aussi, des fois, ça nous tente de passer des soirées agréables.
Métro-bar #25 : De l'Église
Ligne verte, Verdun
Nous nous rencontrons près des tourniquets du métro de l’Église en ce dimanche 7 mars afin de renouer avec la tradition et nous remettre à cette mission divine qui nous a été confiée. Nous avons tiré au hasard cette deuxième station verdunoise, et comme la première fois, ça ne s’annonce pas simple. Ou trop simple.
Nous avions évoqué précédemment la croyant populaire voulant qu’un bar, à Verdun, ça n’existe pas. Vous trouverez notre réfutation de ce mythe en lisant le compte rendu de notre superbe soirée à la station Verdun, au printemps dernier.
Fidèle à notre habitude, nous évaluons les possibilités. Vers le sud, il n’y a qu’un St-Hubert, qui sera notre dernier recours. Vers le nord, rien de bien prometteur avant d’atteindre Ville-Émard, de l’autre côté du canal de l’Aqueduc. Et c’est trop près de la station Charlevoix.
Reste donc la rue Wellington. Nous trouvons rapidement ce qui s’avérera la seule possibilité. Il y a beaucoup de restaurants à Verdun, ainsi qu’un charmant salon de thé, une fromagerie, un boucher, des dépanneurs à chaque coin de rue… Et le Café Pino, resto bar.
Nous envisageons de prendre place à une table située dans la vitrine, mais le patron italien nous indique qu’il faut se rendre dans la section bar pour y boire sans manger. Il s’agit en fait d’un enclos entouré d’un comptoir, où l’on retrouve des tabourets, des machines à jeux, et bien sûr, quelques habitués.
La décoration nous réjouit. On y annonce de la Labatt 50 partout, mais on n’en sert pas. Le mobilier et les électroménagers sembleraient d’avantage à leur place dans une résidence que dans un commerce. On y trouve des photos d’équipes de soccer italiennes datant du siècle dernier, d'autres affiches de bière qui ne sont pas servies, et surtout, une magnifique toile où un personnage semble s’adonner à la gratification orale d’un autre personnage.
Vers 22h15, le propriétaire annonce qu’il ferme dans cinq minutes. Pas question, il reste encore la moitié de la troisième période à jouer. On fait semblant de rien et on continue de regarder le match.
Alors qu'il ne reste qu'environ deux minutes au match, le propriétaire nous annonce qu'il nous paie la tournée si le Canadien gagne. C'est 3 à 1 pour les Ducks à ce moment, mais quelques instants plus tard, Brian Gionta marque son 20e but de la saison, et on recommence à y croire. Nous ne sommes d'ailleurs pas déçus, puisque Andrei Markov marque à son tour à 11 secondes de la fin.
C'est finalement en fusillade que le Canadien a gagné. Le propriétaire, assez pressé de fermer et de nous mettre dehors (ainsi que l'unique autre client), nous promet qu'il nous paiera la bière lors de notre prochaine visite.
Prochaine visite? Si ça n'avait pas été de cette promesse, il n'aurait jamais même été question que nous retournions à cet endroit... Nous déconseillons fortement d'aller passer la soirée dans les environs du métro de l'Église, sauf si c'est pour aller voir un match du Junior de Verdun à l'Auditorium.
Métro-bar #20 : L'Assomption
Ligne verte, Mercier–Hochelaga-Maisonneuve


Métro-bar #13 : Saint-Laurent
Ligne verte, Ville-Marie
Wow. Pour cette édition spéciale du rallye métro-bars, nos invités ont été amplement choyés. Merci d'ailleurs à Christine, John, Guylaine et Julien de s'être joints à nous hier soir pour explorer les alentours, et découvrir les trésors cachés du métro Saint-Laurent.
Tel que nous l'avions annoncé, nous attendions donc à 19h00 devant les tourniquets de la station. On discute d'abord brièvement de stratégie d'exploration. Malgré toutes les promesses que recèle le nom de la station, nous devons nous rendre à l'évidence : nous n'irons pas très loin. À l'est, l'édicule de la sortie Saint-Denis de Berri-UQAM est situé tout près. À l'ouest, c'est la Place des Arts qui nous regarde de haut. Au sud, la ligne orange fait du boulevard René-Lévesque notre limite.
C'est au nord que la Main s'étend, où on trouve tout plein de places branchées, et tout ce que ça implique. Mais un instant... Déjà à la rue Prince-Arthur, le métro Sherbrooke est plus près. Rendus au coin d'Ontario, Raton se rappelle qu'il n'y a rien vers le nord d'ici Sherbrooke, à part le cabaret du Musée Juste pour rire, qui ne présente sûrement pas la game Hurricanes - Penguins ce soir. Vers l'est, il y a des bars en face du cégep du Vieux Montréal, mais c'est trop près de Berri-UQAM.
Nous choisissons la rue Clark pour revenir vers le sud. Quelques travaux sont en cours dans le secteur. C'est un euphémisme en fait, car il faudrait plutôt dire que le secteur est en train d'être détruit pour en fabriquer un nouveau. Nous remarquons l'arrière des commerces du boulevard en déambulant, et nous nous souvenons du fait que le quadrilatère s'étendant de Sainte-Catherine à Réné-Lévesque et de Clark à Saint-Laurent s'apprête à tomber sous les coups d'expropriations et de recontruction. Ça paraît, c'est tout croche. À peine remis de notre soirée dans les hôtels autour du métro Bonaventure, nous considérons brièvement l'option. Mais pas vraiment...
L'enseigne d'un commerce sans rapport avec nos intérêts arbore le mot «taverne» sur ses flancs gauche et droit. Mais le commerce n'a rien à voir avec de la bière. Ça fait deux fois qu'on se fait berner par ce mot invitant (voir le compte-rendu de notre soirée au métro Villa-Maria).
Résignés, nous revenons sur Saint-Laurent et c'est alors que nous voyons l'endroit le moins accueillant de tous les temps, tout en sachant que c'est exactement là où on s'en va : le Midway, à l'ombre du Club Soda. Une taverne tout ce qu'il y a de plus obscur et peuplée d'habitués, en plein coeur de l'ancien Red Light, du futur Quartier des spectacles, et à quelques pas de la fameuse intersection Saint-Laurent / Sainte-Catherine.
On y entre et il fait sombre, très sombre. Nous trouvons une place au centre du Midway, entourés de gens du troisième âge, ou même du quatrième. Nous nous souvenons du légendaire bar Sherbrooke, autrefois au coin de Sainte-Catherine et Sanguinet, et maintenant fermé après que l'UQÀM ait acheté l'édifice où il se trouvait. On dirait que les habitués du Sherbrooke se soient trouvés un nouveau nid ici. Plusieurs d'entre eux sont déjà attablés, cordés les uns à côté des autres face à la scène où Lyne Beauchamps fera son spectacle plus tard en soirée. À ne pas confondre avec Line Beauchamp. On commande chacun une grosse bière et le fun commence.
Un vieux monsieur nous regarde avec le plus grand sourire édenté que la vie m'ait donné l'occasion de voir. Le toit en forme de voûte au-dessus de notre table fait faire de l'écho à tout ce qu'on dit. La game de hockey sur la petite TV dans le coin n'intéresse personne. Même pas nous, en fait, tellement cet endroit est incroyable. Celui qu'on soupçonne être le gérant de Lyne Beauchamps s'attable près du stage, demi-litre de vin rouge à la main et costume de cowboy en prime. Dans notre monde imaginaire, il sera le Colonel Poitras. John soutient qu'il y aurait de quoi écrire un roman avec tous les personnages de cette taverne.

Des gens jouent avec le jukebox, ce qui fait que du pop-rap des années 90 précède Stairway To Heaven de Led Zeppelin et Janie's Got A Gun de Aerosmith. Et oui, ça commence à danser.
Le vieux monsieur de tantôt se bat avec les essuies-tout au bar après un accident d'éternuement. Il nous montre comment on se mouche dans un endroit comme celui où nous nous trouvons. La chose qui sortait de son nez aurait pu s'apparenter à une cravate. Unanimement, nous décidons que nous aurions pu nous en passer.
Dehors, près de la porte arrière, nous découvrons une petite porte d'à peine deux pieds de haut, qui mène probablement vers le monde magique des lutins (c'est de là que venait celui qu'on a vu plus tôt!).
Nous pourrions continuer comme ça pendant des pages. Ce fut la soirée la plus intense de la Mission, jusqu'à présent. Nous devrons déterminer si c'était la pire ou la meilleure, mais une chose est certaine, c'était indiscutablement la plus weird à ce jour. Heureusement que nous étions accompagnés d'invités, parce qu'on n'aurait probablement jamais enduré ça aussi longtemps. De 19h30 à minuit quand même, faut le faire.
Un arrêt à la pizzeria nous a permis de partager un repas en famille, avant de rentrer chacun chez soi.
L'idée d'inviter des gens était un succès. La deuxième soirée métro-bars ouverte au public aura lieu le samedi 6 juin prochain. La destination sera pigée et annoncée ici même à 18h cette journée. Le rendez-vous se tiendra à 19h. Soyez-y.
Métro-bar #11 : Cadillac
Ligne verte, Mercier–Hochelaga-MaisonneuveCette fois, le hasard nous y ramène. On sort à Cadillac. On sait donc qu'il y a au moins un endroit où on peut aller voir : le bar de billards El Cid. Au coin Sherbrooke / De Carignan. Mais avant tout, explorons un peu.
On s'imprègne donc de la rue Sherbrooke en marchant un peu vers l'ouest. Le côté est de Cadillac, on le connaît déjà. Notre exploration des alentours de Langlier nous aura instruit sur le sujet.
Sherbrooke déçoit et on se dirige vers le sud sur Lacordaire. Même si le secteur devient sérieusement industriel/militaire à l'est de Viau, la rue Hochelaga a toujours quelques bonnes cartes en réserve.
On emprunte Hochelaga vers l'est et si c'est infructueux, on remontera Cadillac pour aller au El Cid. Ces perspectives d'échec s'éteignent aussitôt. Le bar aux 3 barils nous saute aux yeux, à notre grand plaisir. La vue de l'endroit nous laisse perplexe, voire nerveux. Situé à l'angle des rues Hochelaga et de Cadillac, l'endroit paraît tellement sombre de l'extérieur qu'on le croirait fermé. Mais c'est une feinte! La façade vitrée est teintée, très teintée, car à l'intérieur, il fait clair comme dans une cuisine. La clarté nous permet de remarquer plusieurs éléments décoratifs, pratiques et ludiques.

On avale notre pichet et à la fin de la période, on se pousse. On aura réussi au métro Cadillac. On a découvert le bar aux 3 barils. Maintenant, allons voir le El Cid.
Nous commandons un gros pichet de Rickard's Red (il faut souvent s'en contenter, à défaut de trouver de la Boréale ou mieux). La serveuse nous annonce à l'avance que ce sera 19,50 $. Nous sommes bouche bée. Mais nous acceptons. Après tout, une fois n'est pas coutume, comme on dit. Et on ajouterait très justement qu'aucune fois subséquente ne risque d'être coutume à cet endroit non plus.
Métro-bar #9 : Lionel-Groulx
Ligne orange, Ligne verte, Sud-Ouest
L'idée du rallye métro-bars est issue principalement d'une soirée de l'hiver dernier où nous nous étions notamment promenés autour du métro Lionel-Groulx, à la recherche d'un bar. Notre quête fut alors sans succès et nous avions préféré quitter les lieux et reprendre le métro vers ailleurs.
Depuis, nos techniques de recherche se sont raffinées et notre Mission est devenue plus importante à nos yeux. En ce dimanche soir, nous devons donc réussir. Heureusement, nous n'aurons pas à marcher beaucoup. Les quatre stations adjacentes à Lionel-Groulx (Atwater, Charlevoix, George-Vanier et Place-Saint-Henri) sont situées assez près. Et les artères commerciales ne pullulent pas. On parle essentiellement de Atwater et de Notre-Dame.
Il fait encore clair et beau. La rue Atwater n'est pas très prometteuse et nous savons qu'il y a un bar sur Notre-Dame, vers l'ouest. Le Bar Chez Pierre. Mais selon ce qu'on a déjà vu, les non-habitués se font intensément questionner du regard s'ils osent se pointer là. Ce sera notre dernier recours.
On s'engage donc sur Notre-Dame, d'abord vers l'est. Mais notre limite est non loin. Peu après la rue Vinet, on s'approche trop du territoire de la station Georges-Vanier. On revient sur nos pas. On n'aura vu que quelques restaurants, un antiquaire et divers commerces inintéressants.
De l'autre côté d'Atwater, ça bouge déjà plus. On passe devant une taverne sombre et visiblement peuplée. À la télé, du baseball. C'est en fait le documentaire de RDS sur les Expos de Montréal. C'est gagnant. Car après le baseball, il y a le hockey. À 20h.
On continue tout de même, pour évaluer s'il y a d'autres alternatives. L'incroyable flotte de voitures orange stationnées de part et d'autre de la rue Notre-Dame du restaurant New System, mythique dans le sud-ouest, nous fait sourire. Encore une fois, la présence de poulet nous donne faim.
Soudain, on l'aperçoit. Le Bar Chez Pierre, aussi glauque, peu invitant qu'on puisse l'imaginer. Mais oh! Il est tout juste de l'autre côté de la rue Bourget. Il faudra piger Place-Saint-Henri pour y aller. Et de toute façon, il semble fermé...
On prend une pause sur un banc de parc. Précisons que pendant la même journée, on était allé manger de la pizza à Saint-Lambert, observer des dinosaures au Madrid et boire une bière à Drummondville. Autour de nous, plusieurs jeunes gens parlant russe (on suppose), chevauchant tous des vélos très décriss se promènent sur Notre-Dame. Pourquoi? Qu'est-ce que ça veut dire. Ben voyons! La seule explication possible est évidente: c'est l'association des cyclistes russes amateurs de vieux vélos décriss du quartier Sud-Ouest à Montréal qui font leur réunion mensuelle...
On va finalement à la taverne sombre de tantôt (dont nous avons oublié le nom), où il y avait du baseball. Et qui dit baseball dit Labatt 50. «Le baseball Labatt 50 des Expos à Radio-Canada»!
La taverne est immense, peuplée de forts dignes représentants du quartier Saint-Henri. Plusieurs individus tétant leur bière seuls, d'autres saoulons qui s'engueulent, une barmaid qui fait semblait d'être leur amie, des va et vient constants... Le facteur olfactif nous confirme que nous nous trouvons dans une véritable taverne comme on n'en invente plus : ça sent le grand-papa.
Trois bars au total dans l'immense pièce. Mais un seul qui sert vraiment. Les deux autres bars servent juste pour leurs permis d'alcool supplémentaires, qui permettent d'avoir plus de machines de loterie vidéo. C'est cinq machines permises par bar. Oui, il y a quinze machines au total dans la place. Beau spectacle. Vivement que la game commence. Mais vont-ils mettre le son?
À 20 heures, 0 minute et 3 secondes, la barmaid lance au gérant: «Heille! Peux-tu mettre le son???». Sourire. On est au bon endroit! Un bon match encore une fois. Dustin Byfuglien fait sentir sa présence. Et les Labatt 50 descendent bien.
Un vieux monsieur qui a l'air d'une grenouille regarde deux bocks de bière perdre leurs bulles devant lui, deux pailles dans chacune, attablé probablement à la seule table d'où on ne peut voir aucun des nombreux téléviseurs. Allez savoir.
Une gang de chilleux entre au bar un peu plus tard, pour disparaître aussitôt dans le fond. Une visite à la salle de bain interrompt leur party de poudre. L'envie nous quitte furtivement et nous ressortons de la même façon.
La serveuse nous ignore totalement. Malgré les habitués qui récitent passionnément des réquisitoires contre la société en général, nous cessons assez rapidement d'être divertis.
Nous quittons après deux périodes pour aller finir la soirée au Black Jack. C'est hors limite, mais nous avons déjà rempli notre mission pour ce soir.
Arrivé au Black Jack, malédiction. C'est rendu 5 à 2 pour Chicago. On est encore punis pour avoir abandonné notre mission. Mais l'intrigante barmaid du samedi soir est là. Celle qui a plus que quiconque l'air d'une vieille barmaid de 55 ans... en début de carrière. C'est à elle que devaient ressembler toutes les barmaids de taverne en 1970.
Notre fatigue nous rattrape toutefois bien assez vite. Et cette bière sera la dernière. Le match est fini. Vancouver s'est dégonflé pour perdre 6 à 3. Et le métro Lionel-Groulx ne restera pas mémorable dans cette aventure.
Métro-bar #8 : Verdun
Ligne verte, Verdun
La loi Scott, en vérité la Loi de tempérance du Canada, trouva source en 1864, alors que le parlement du Canada-Uni adopta un règlement tel que décrit plus haut. Quatorze ans plus tard, la loi fut étendue à l'ensemble des provinces britanniques de l'Amérique du Nord (qui n'étaient pas encore toutes canadiennes).
Verdun adopta un règlement en 1965 interdisant l'établissement de certains débits d'alcool à l'intérieur de ses limites, mais ce règlement fut abrogé en 1996. Conséquement, il y a des bars à Verdun. Probablement pour des raisons historiques, il y en a cependant très peu, et on trouve plusieurs vieilles tavernes immédiatement à l'extérieur des frontières de l'arrondissement.
On continue un peu vers l'ouest, pour la forme. Mais rapidement, on se rend compte que ça ne mène nulle part. Littéralement, puisqu'on approche du fleuve. On rebrousse chemin.
On commence par regarder les Capitals mettre fin à la saison des Rangers. Puis nous sommes témoins d'une fin de match comme il ne s'en fait pas assez. Les Devils se dirigent vers une victoire de 3 à 2 contre les Hurricanes, au grand plaisir de Marilyn. Coup de théâtre : à une minute et vingt secondes de la fin du match, l'égalité est créée. Quarante secondes plus tard, Martin Brodeur est déjoué de nouveau et les Hurricanes prennent les devant.
Sources : Wiki (1), Wiki (2), Historica, Ville de Montréal.
Métro-bar #7 : Langelier
Ligne verte, Mercier–Hochelaga-Maisonneuve

Comme je l’ai dit, on est sur un tronçon résidentiel, qui est né en 1974 et qui a aussitôt figé dans le temps. Les gens qui habitent là ont presque encore hâte aux Olympiques...
Une discussion nous permet de constater qu'on n'est pas d'accord au sujet de l'appartenance de l'endroit au métro Langelier. Peut-être est-il sur le territoire de Radisson. Nos plans nous aident un peu et on décide d'abandonner et de revenir sur Sherbrooke par Haig. Les maisons de cette avenue sont majoritairement unifamiliales et très dépareillées. C'est un coin fort charmant, en somme. Nous rencontrons même une pépinière en cours de route.
Finalement, juste à l'entrée du centre commercial, il est là : devant nous, le Resto Pub Aurora. Un restaurant de burgers et d’ailes de poulet avec des pichets de bière comme apéritif, accompagnement et digestif. C’est parfait. Pour le principe, on va quand même voir au bowling.
C'est une soirée de ligues ce soir, et le salon est plein. Il n'y a que deux places assises (et occupées) devant la seule télé qui présente le match de hockey. Dans la section bar, il y a également un téléviseur... éteint, et datant des années 70. Les regards des nombreux joueurs nous donnent l'impression d'être tout aussi à notre place qu'un duo de gazelles dans un cabinet de dentiste. On oublie ça et on retourne au Aurora.
Si près de notre point de départ... Et ça se révèle exactement ce que nous cherchions : des télés partout, de la bière, et des vieux qui jacassent, dont un fanfaron qui prend pour Boston. Probablement un autre crétin qui va juste y aller pour le favori, peu importe la situation.
Métro-bars #1 : Guy-Concordia (par Raton)
Ligne verte, Ville-MarieMétro-bars #1: Guy-Concordia (par Ben)
Ligne verte, Ville-Marie
Quelqu’un comme moi qui s’intéresse à ce point au monde municipal doit parfois être assez imaginatif pour satisfaire sa soif de connaissances. L’actualité politique et les ouvrages historiques traitant des villes et des quartiers ne sont pas ce qu’il y a de plus abondant. On doit trouver d’autres façons de découvrir des quartiers qu’on pense connaître, sans que ça ne soit vraiment le cas.
Parallèlement, aller boire une bière toujours au même bar, c’est bien. Mais chercher à découvrir des endroits différents, c’est bien aussi. Sauf qu’il nous faut une motivation, un prétexte pour dire: ce soir, je vais ailleurs. Et encore, aller où?
De cette réflexion est issue l’idée du rallye métro-bars, une activité que j’ai amorcée récemment avec nul autre que mon ami Raton. Rien à voir avec ces amis ratons... Celui-là est toujours prêt à me suivre dans un projet de la sorte, fort peu attrayant pour la plupart des gens, mais taillé sur mesure pour des gens comme nous.
L’idée est donc simple. On pige au hasard le nom d’une des 68 stations du réseau de métro montréalais, on s’y rend et on trouve un établissement inconnu pour y regarder la game de hockey. Quelques règles sont à respecter. On ne prend pas l’autobus rendu à la station en question et on ne marche pas délibérément en direction d’une autre station de métro. L’endroit trouvé doit avoir comme station de métro la plus près celle que nous avons pigée.
La première expérience s’est donc tenue le mardi 24 février dernier et c’est le métro Guy-Concordia qui est sorti du chapeau.
Situé à l’extrémité ouest du centre-ville touristique, le métro Guy-Concordia présente un très fort potentiel en termes de bars. Nous en connaissions déjà quelques-uns, mais évidemment, le but est de faire une découverte. Malgré le froid, nous avons donc tourné en rond pendant une quinzaine de minutes, en prenant le temps de se perdre dans un stationnement qui mène nulle part. Après s’être pratiquement rendu jusqu’au Centre Bell, on revient vers le rue Guy où on s’est finalement arrêté au Andrew’s Pub. Une sorte de taverne de quartier assez grande pour accueillir 150 clients, mais en hébergeant seulement 1 ou 2 quand nous sommes arrivés. Un endroit charmant et sans prétention dans un quartier qui propose trop souvent le contraire.
Le choix de bières de l’endroit ne nous laisse d’autre alternative que d’y aller avec des grosses Labbat 50. Et la serveuse nous donnait du pop corn. Ce fut donc un excellent endroit où regarder la victoire de 3-0 du Canadien face aux Canucks, le but majestueux de Tomas Plekanec et les plaques de char étrangères accrochées au mur. Vraiment, un endroit insoupçonné, à quelques mètres de l’étouffante rue Crescent.
Preuve que les apparences trompent trop souvent. En creusant un peu, on trouve souvent mieux. Ce quartier - et ce bar - sont sans aucun doute à revisiter.



