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Métro-bar #29 : Lasalle

Trio, triolet, trinité... C'est la troisième fois que le sort nous mène à une station de métro située à Verdun, et la dernière. Construite au milieu de rien du tout sauf ce qui s'annonçait devenir un quartier résidentiel, la station Lasalle n'annonce rien de bien prometteur.

C'est bien à un quartier résidentiel que nous sommes confrontés. Rien d'un côté, rien de l'autre. Après une marche de plusieurs minutes qui nous mène accidentellement à côté du métro Charlevoix, nous retrouvons ce que nous croyions dès le départ être le seul endroit répondant aux exigences de notre mission.


Il s'agit du pub St-Charles. On y trouve quelques tables de poker, quelques autres tables, quelques téléviseurs, et une décoration typique de taverne qui voue un culte à Joe Sakic.


Nous manquons malheureusement l'hommage à Pat Burns avant la partie. Nous larmoyons à son sujet depuis plusieurs longues minutes lorsque subitement, la musique radio du bar fait place au son du match précisément au «ô» du «Ô Canada». Tout le monde fait le saut, incluant la barmaid.


D'ailleurs, celle-ci est probablement la seule au monde qui reprend les grosses 50 vides sans offrir de bière supplémentaire. On doit en effet user de ruse pour attirer son attention et obtenir un peu plus à boire.


Pour profiter pleinement de cet endroit unique, rendez-vous au coin de Wellington et Butler. C'est situé immédiatement à la sortie de Verdun, dans Pointe-Saint-Charles, tout juste de l'autre côté du viaduc de l'autoroute menant au pont Champlain.


En somme, le pub St-Charles est ce type d'endroit où jamais personne n'irait en métro. Sauf nous. 
Heureusement, les Maple Leafs n'ont pas été de taille pour le Canadien.

Métro-bar #26 : Angrignon

C’est le jeudi 11 mars 2010 qu’a eu lieu la 26e édition de la Mission Métro-Bar. Et c’est le 17 octobre qu’on en publie le compte-rendu. En effet, la Mission a vivement perdu de la vitesse en 2009-2010, ce qui est dû à divers facteurs plus ou moins valables pour justifier le quasi-abandon d’une si noble Mission.

Soyez rassurés, nous comptons reprendre un certain rythme de croisière, maintenant que la saga des gardiens de but du Canadien est terminée et que nous avons enfin, pour la première fois depuis plusieurs saisons, un vrai et indiscutable gardien #1.

Quelques jours après s’être mérité une promesse de bière gratuite lors de la soirée #25, nous décidons d’abord de retourner au Café Pino, notre trouvaille du métro De L’Église, pour réclamer notre dû. Nous savourons notre butin, avant d’en commander une deuxième et de procéder au choix aléatoire de notre destination de la soirée. Après s’être enfoncés dans un coin éloigné de la ligne verte, nous espérions fort mieux, avouons-le, que de se retrouver... au terminus Angrignon.

Bordé par le Parc Angrignon et isolé de toute densité urbaine digne de ce nom, la station Angrignon sert essentiellement de terminus d’autobus afin de se rendre loin, plus loin. Pour la page d’histoire, sachez que la station Angrignon a été construite un peu nulle part, du côté est du Parc Angrignon parce qu’à l’époque, le maire de LaSalle, dont les limites municipales sont situées du côté ouest du parc, avait refusé qu’une station de métro soit construite dans sa municipalité. Comprenons que sa ville aurait alors eu à financer une partie des coûts d’exploitation du métro. C’est ce qui fait que l’arrondissement LaSalle est aujourd’hui passablement isolé et que ça prend une éternité pour se rendre au Cégep André-Laurendeau, alors que la station Angrignon était à l’origine supposée être située juste à côté. Applaudissons, encore une fois, le côté visionnaire de nos élus.

Pris du mauvais côté du parc, nous nous engageons donc vers le boulevard Newman, où centre d’achat (le Carrefour Angrignon) et autres commerces obèses s’offrent à nous. Il s’agit vraiment de la seule option que nous avions. Vers l’est, un quartier résidentiel et la station Monk nous rebutaient. Au sud, en longeant le parc, on arrive au Canal de l’aqueduc sans avoir croisé le moindre commerce. Et au nord, on n’a droit qu’à l’autoroute 20.

On marche donc vers l’ouest, en longeant l’extrémité nord du parc. On songe à entrer au Carrefour Angrignon et chercher un petit bar de loteries vidéo, ce qui nous aurait permis de tenir compagnie à la pauvre barmaid de 17 ans qui doit écouter le hockey seule, sans jamais parler à personne. Mais nous y renonçons et aboutissons finalement (on n’a rien trouvé de mieux, sérieux!), au Buffet Vichy. Un resto de moyenne gamme comme il y en a tant dans les quartiers un peu excentrés. Passé 20h, un soir de semaine, c’était déjà assez tranquille, surtout dans la section bar, que nous avons investie.

La game passe dans une petite télé, sans le son. On boit de la Rickard’s Red vendue trop chère et on mange peut-être un petit quelque chose. Je ne suis plus certain; ma mémoire me fait défaut.

On a sérieusement regardé en silence le match jusqu’à la fin, avant de retourner à pied jusqu’au métro Angrignon, là où la vue de nos bons vieux trains bleus nous a réconfortés en nous rappelant que oui, nous n’étions pas si loin de chez nous.

Pourquoi la Mission a perdu son rythme au cours de la dernière année? Parce que nous aussi, des fois, ça nous tente de passer des soirées agréables.

Métro-bar #25 : De l'Église


Nous nous rencontrons près des tourniquets du métro de l’Église en ce dimanche 7 mars afin de renouer avec la tradition et nous remettre à cette mission divine qui nous a été confiée. Nous avons tiré au hasard cette deuxième station verdunoise, et comme la première fois, ça ne s’annonce pas simple. Ou trop simple.

Nous avions évoqué précédemment la croyant populaire voulant qu’un bar, à Verdun, ça n’existe pas. Vous trouverez notre réfutation de ce mythe en lisant le compte rendu de notre superbe soirée à la station Verdun, au printemps dernier.


Fidèle à notre habitude, nous évaluons les possibilités. Vers le sud, il n’y a qu’un St-Hubert, qui sera notre dernier recours. Vers le nord, rien de bien prometteur avant d’atteindre Ville-Émard, de l’autre côté du canal de l’Aqueduc. Et c’est trop près de la station Charlevoix.


Reste donc la rue Wellington. Nous trouvons rapidement ce qui s’avérera la seule possibilité. Il y a beaucoup de restaurants à Verdun, ainsi qu’un charmant salon de thé, une fromagerie, un boucher, des dépanneurs à chaque coin de rue… Et le Café Pino, resto bar.


Nous envisageons de prendre place à une table située dans la vitrine, mais le patron italien nous indique qu’il faut se rendre dans la section bar pour y boire sans manger. Il s’agit en fait d’un enclos entouré d’un comptoir, où l’on retrouve des tabourets, des machines à jeux, et bien sûr, quelques habitués.


La décoration nous réjouit. On y annonce de la Labatt 50 partout, mais on n’en sert pas. Le mobilier et les électroménagers sembleraient d’avantage à leur place dans une résidence que dans un commerce. On y trouve des photos d’équipes de soccer italiennes datant du siècle dernier, d'autres affiches de bière qui ne sont pas servies, et surtout, une magnifique toile où un personnage semble s’adonner à la gratification orale d’un autre personnage.


Vers 22h15, le propriétaire annonce qu’il ferme dans cinq minutes. Pas question, il reste encore la moitié de la troisième période à jouer. On fait semblant de rien et on continue de regarder le match.


Alors qu'il ne reste qu'environ deux minutes au match, le propriétaire nous annonce qu'il nous paie la tournée si le Canadien gagne. C'est 3 à 1 pour les Ducks à ce moment, mais quelques instants plus tard, Brian Gionta marque son 20e but de la saison, et on recommence à y croire. Nous ne sommes d'ailleurs pas déçus, puisque Andrei Markov marque à son tour à 11 secondes de la fin.



C'est finalement en fusillade que le Canadien a gagné. Le propriétaire, assez pressé de fermer et de nous mettre dehors (ainsi que l'unique autre client), nous promet qu'il nous paiera la bière lors de notre prochaine visite.

Prochaine visite? Si ça n'avait pas été de cette promesse, il n'aurait jamais même été question que nous retournions à cet endroit... Nous déconseillons fortement d'aller passer la soirée dans les environs du métro de l'Église, sauf si c'est pour aller voir un match du Junior de Verdun à l'Auditorium.

Métro-bar #20 : L'Assomption


Pour le deuxième match de la saison 2009-2010 du Canadien, la Mission Métro-bar reprend où nous l'avions laissée en juin dernier. Il nous reste quarante-neuf stations de métro à explorer et ce soir, nous nous rendons à L'Assomption.

Malheureusement, il ne s'agit pas ici de la verdoyante municipalité de la région de Lanaudière, mais bien de la colorée station de métro située en plein quartier industriel dans l'arrondissment Mercier-Hochelaga-Maisonneuve.

D'emblée, trois destinations sont envisagées : la rue Sherbrooke, le bowling à côté du métro, puis le bar Dickson que nous avions aperçu lors de notre exploration des environs de la station Cadillac.


Adjacent au Centre de Quilles Moderne se trouve un bar qui semble porter le même nom. Comme en témoigne la photo - la porte du bar se trouve à droite de l'entrée éclairée des quilles -, ça semble bien mort, voire fermé, mais dès la porte ouverte, on se retrouve dans une clarté relative. Des vitres teintées, on en a vues d'autres.

Nous découvrons un petit bar occupé par deux ou trois habitués jouant aux machines. La mini serveuse monte sur une table et allume le téléviseur à notre demande, zigonnant un bon moment avant de parvenir à démêler les boutons de volume des boutons pour changer la chaîne. Cet endroit ne vaut pas plus d'une période, malgré le décolleté de notre hôte, dont la générosité est directement proportionnelle aux 17 $ demandés pour un pichet de Molson Ex. Et 18 $ pour de la Rickard's Red. C'est compris, nous quittons.


Cap vers le sud sur le boulevard L'Assomption, au milieu de rien et de ce qui ressemble à rien, dans une brume qui donne au Stade Olympique son apparence incomplète des Jeux de 1976. Nous atteignons la rue Hochelaga, ou se trouve le célèbre complexe récréatif de l'est de Montréal, où on peut pratiquer l'escalade, le go-kart, jouer au paint ball et surtout, participer à d'intenses joutes de bingo.

Quelques rues à l'est, au coin de la rue Dickson, se trouve le bar du même nom, où nous passerons le reste de la soirée.

Nous sommes accueillis par une barmaid saoule et son amie. Celle-ci fait grand cas du fait de la première soit lesbienne et qu'elle soit capable de tenir le téléphone sans fil du bar entre ses seins. Démontrant qu'elle-même en est incapable, elle dépose le pauvre téléphone dans son chandail, d'où il tombe pour aller éclater en morceaux sur le sol. Voilà qui n'est pas très malin...

Il n'est pas clair si l'amie travaille également ici. Bien qu'elle passe la moitié de la soirée derrière le bar, elle ne sert personne et ne prend même pas la peine de répondre quand ça sonne (après avoir réparé le téléphone). Elle occupe le reste de son temps à démolir tout ce qui peut rester de tolérable au concept de karaoké et à tenter de charmer la clientèle presque inexistante par ses déhanchements dignes des convulsions de Regan McNeil.

Nous retiendrons également la pire version de l'histoire de la chanson Proud Mary, jouée par un gars qui a choisi d'apporter sa guitare. Si on fait abstraction du fait qu'il adapte les accords et le rythme, et invente sa propre mélodie, on pourrait trouver un lien entre la chanson et sa performance de ce soir.


Heureusement, Brian Gionta confirme que cette soirée est une bonne soirée en marquant un but improbable en prolongation, frappant la rondelle au vol suite à un tir de Scott Gomez ayant rebondi sur la bande derrière le filet.

Au moment de partir vers 23h, nous nous retournons, et surprise : le bar se remplit et c'est le party. D'où proviennent ces jeunes gens? Sont-ils également en mission?

Je crois qu'il faudra revenir un samedi de game.

Piste d'exploration dans les environs : On nous dit que nous aurions également trouvé du plaisir sur la rue Sherbrooke. Sûrement pas autant.

Métro-bar #13 : Saint-Laurent

Wow. Pour cette édition spéciale du rallye métro-bars, nos invités ont été amplement choyés. Merci d'ailleurs à Christine, John, Guylaine et Julien de s'être joints à nous hier soir pour explorer les alentours, et découvrir les trésors cachés du métro Saint-Laurent.

Tel que nous l'avions annoncé, nous attendions donc à 19h00 devant les tourniquets de la station. On discute d'abord brièvement de stratégie d'exploration. Malgré toutes les promesses que recèle le nom de la station, nous devons nous rendre à l'évidence : nous n'irons pas très loin. À l'est, l'édicule de la sortie Saint-Denis de Berri-UQAM est situé tout près. À l'ouest, c'est la Place des Arts qui nous regarde de haut. Au sud, la ligne orange fait du boulevard René-Lévesque notre limite.

C'est au nord que la Main s'étend, où on trouve tout plein de places branchées, et tout ce que ça implique. Mais un instant... Déjà à la rue Prince-Arthur, le métro Sherbrooke est plus près. Rendus au coin d'Ontario, Raton se rappelle qu'il n'y a rien vers le nord d'ici Sherbrooke, à part le cabaret du Musée Juste pour rire, qui ne présente sûrement pas la game Hurricanes - Penguins ce soir. Vers l'est, il y a des bars en face du cégep du Vieux Montréal, mais c'est trop près de Berri-UQAM.

Nous choisissons la rue Clark pour revenir vers le sud. Quelques travaux sont en cours dans le secteur. C'est un euphémisme en fait, car il faudrait plutôt dire que le secteur est en train d'être détruit pour en fabriquer un nouveau. Nous remarquons l'arrière des commerces du boulevard en déambulant, et nous nous souvenons du fait que le quadrilatère s'étendant de Sainte-Catherine à Réné-Lévesque et de Clark à Saint-Laurent s'apprête à tomber sous les coups d'expropriations et de recontruction. Ça paraît, c'est tout croche. À peine remis de notre soirée dans les hôtels autour du métro Bonaventure, nous considérons brièvement l'option. Mais pas vraiment...

L'enseigne d'un commerce sans rapport avec nos intérêts arbore le mot «taverne» sur ses flancs gauche et droit. Mais le commerce n'a rien à voir avec de la bière. Ça fait deux fois qu'on se fait berner par ce mot invitant (voir le compte-rendu de notre soirée au métro Villa-Maria).

Résignés, nous revenons sur Saint-Laurent et c'est alors que nous voyons l'endroit le moins accueillant de tous les temps, tout en sachant que c'est exactement là où on s'en va : le Midway, à l'ombre du Club Soda. Une taverne tout ce qu'il y a de plus obscur et peuplée d'habitués, en plein coeur de l'ancien Red Light, du futur Quartier des spectacles, et à quelques pas de la fameuse intersection Saint-Laurent / Sainte-Catherine.

On y entre et il fait sombre, très sombre. Nous trouvons une place au centre du Midway, entourés de gens du troisième âge, ou même du quatrième. Nous nous souvenons du légendaire bar Sherbrooke, autrefois au coin de Sainte-Catherine et Sanguinet, et maintenant fermé après que l'UQÀM ait acheté l'édifice où il se trouvait. On dirait que les habitués du Sherbrooke se soient trouvés un nouveau nid ici. Plusieurs d'entre eux sont déjà attablés, cordés les uns à côté des autres face à la scène où Lyne Beauchamps fera son spectacle plus tard en soirée. À ne pas confondre avec Line Beauchamp. On commande chacun une grosse bière et le fun commence.

Un vieux monsieur nous regarde avec le plus grand sourire édenté que la vie m'ait donné l'occasion de voir. Le toit en forme de voûte au-dessus de notre table fait faire de l'écho à tout ce qu'on dit. La game de hockey sur la petite TV dans le coin n'intéresse personne. Même pas nous, en fait, tellement cet endroit est incroyable. Celui qu'on soupçonne être le gérant de Lyne Beauchamps s'attable près du stage, demi-litre de vin rouge à la main et costume de cowboy en prime. Dans notre monde imaginaire, il sera le Colonel Poitras. John soutient qu'il y aurait de quoi écrire un roman avec tous les personnages de cette taverne.



Une étrange machine attire notre attention. On y place les bouteilles de bière vides, et elle les mange. Nous n'avons jamais rien vu de tel. Voici une taverne du 21e siècle!



Des gens jouent avec le jukebox, ce qui fait que du pop-rap des années 90 précède Stairway To Heaven de Led Zeppelin et Janie's Got A Gun de Aerosmith. Et oui, ça commence à danser.

Le vieux monsieur de tantôt se bat avec les essuies-tout au bar après un accident d'éternuement. Il nous montre comment on se mouche dans un endroit comme celui où nous nous trouvons. La chose qui sortait de son nez aurait pu s'apparenter à une cravate. Unanimement, nous décidons que nous aurions pu nous en passer.

Le barman remarque bien notre émerveillement face à ce qui se passe autour de nous et nous fait remarquer qu'«ici, y'a un show de même tous les soirs et ça coûte rien. Y'a des choses ici que vous voyez jamais ailleurs». Un lutin passe devant nous (petit, oreilles pointues, avec chapeau, sans blague). Dans la salle de bains des filles, ouvrir le robinet d'un lavabo fait couler l'eau dans les deux lavabos en même temps. Le Colonel Poitras n'a pas bougé d'un poil, sirotant toujours son vin rouge.

Le bar possède une entrée secondaire à l'arrière, sur Saint-Dominique. Près de cette entrée se trouve une table de pool, et la Mission Métro-bar observe un nouveau défi. Nous sommes tous deux assez médiocres au pool. Il nous reste 55 stations de métro à explorer, et dorénavant, nous jouerons. Au soir 68, le dernier de notre mission, nous battrons quiconque s'y présentera. La présence d'une table de pool ne devient pas un critère, mais quand il y en aura une, nous devrons nous exercer. Nous verrons ce que ça donnera.

Dehors, près de la porte arrière, nous découvrons une petite porte d'à peine deux pieds de haut, qui mène probablement vers le monde magique des lutins (c'est de là que venait celui qu'on a vu plus tôt!).

Nous pourrions continuer comme ça pendant des pages. Ce fut la soirée la plus intense de la Mission, jusqu'à présent. Nous devrons déterminer si c'était la pire ou la meilleure, mais une chose est certaine, c'était indiscutablement la plus weird à ce jour. Heureusement que nous étions accompagnés d'invités, parce qu'on n'aurait probablement jamais enduré ça aussi longtemps. De 19h30 à minuit quand même, faut le faire.

Un arrêt à la pizzeria nous a permis de partager un repas en famille, avant de rentrer chacun chez soi.

L'idée d'inviter des gens était un succès. La deuxième soirée métro-bars ouverte au public aura lieu le samedi 6 juin prochain. La destination sera pigée et annoncée ici même à 18h cette journée. Le rendez-vous se tiendra à 19h. Soyez-y.

Métro-bar #11 : Cadillac


C'était il y a deux semaines. Le hasard nous avait mené dans ce quartier de banlieue des années 70 en nous commandant de nous rendre au métro Langelier. Non seulement le quartier n'avait pas su nous charmer, mais les deux endroits les plus potentiellement intéressants qu'on avait trouvés se situaient à l'extérieur de nos limites. Trop près de Radisson à l'est, trop près de Cadillac à l'ouest.

Cette fois, le hasard nous y ramène. On sort à Cadillac. On sait donc qu'il y a au moins un endroit où on peut aller voir : le bar de billards El Cid. Au coin Sherbrooke / De Carignan. Mais avant tout, explorons un peu.

L'enjeu est de taille : si les Red Wings et les Hurricances gagnent ce soir (le mardi 12 mai), l'un d'entre nous aura été blanchi dans ses prédictions pour les séries en cours. Sans consultation, nous avons prédit exactement les mêmes victoires. La seule exception a été la série entres les Capitals et les Penguins.

On s'imprègne donc de la rue Sherbrooke en marchant un peu vers l'ouest. Le côté est de Cadillac, on le connaît déjà. Notre exploration des alentours de Langlier nous aura instruit sur le sujet.

Sherbrooke déçoit et on se dirige vers le sud sur Lacordaire. Même si le secteur devient sérieusement industriel/militaire à l'est de Viau, la rue Hochelaga a toujours quelques bonnes cartes en réserve.

On emprunte Hochelaga vers l'est et si c'est infructueux, on remontera Cadillac pour aller au El Cid. Ces perspectives d'échec s'éteignent aussitôt. Le bar aux 3 barils nous saute aux yeux, à notre grand plaisir. La vue de l'endroit nous laisse perplexe, voire nerveux. Situé à l'angle des rues Hochelaga et de Cadillac, l'endroit paraît tellement sombre de l'extérieur qu'on le croirait fermé. Mais c'est une feinte! La façade vitrée est teintée, très teintée, car à l'intérieur, il fait clair comme dans une cuisine. La clarté nous permet de remarquer plusieurs éléments décoratifs, pratiques et ludiques.


Une machine à change est encastrée dans un mur en bois (tous les murs sont en bois, naturellement); une petite distributrice de gomme au savon et d'arachides BBQ semble avoir été laissée à elle-même depuis 1984; le jersey officiel du bar est affiché au mur, dans un cadre; une autre machine permet de jouer à une variante de Tetris, et les prix à gagner varient d'un coffret DVD du Canadien à une sorte de Fleshlight, ainsi qu'un vibrateur mauve...

Malgré le nom de la place, on y découvre seulement deux pompes à bière en fut. S'y trouvent aussi une barmaid un peu trash, un corps étranger dans la bière de Ben, et bien sûr, un gros chien qui vient nous voir.

On avale notre pichet et à la fin de la période, on se pousse. On aura réussi au métro Cadillac. On a découvert le bar aux 3 barils. Maintenant, allons voir le El Cid.


Nous nous demandons combien de stationnements de mini centres commerciaux nous avons visités depuis le début de ce défi. De toute façon, nous sommes tous deux originaires des alentours du boulevard Tashereau, alors ces petites grappes de commerces de la rue Sherbrooke ne nous impressionnent guère.

C'est également la cas du El Cid. L'intérieur a un air résolument trop branché pour l'apparence extérieure et pour son emplacement géographique. Les fenêtres circulaires nous donne l'impression d'être dans un très sombre sous-marin où des tables de pool occupent une partie de la salle principale ainsi qu'une petite pièce en retrait. Le lounge VIP, supposons-nous, sans croire nécessaire de vérifier.

Nous commandons un gros pichet de Rickard's Red (il faut souvent s'en contenter, à défaut de trouver de la Boréale ou mieux). La serveuse nous annonce à l'avance que ce sera 19,50 $. Nous sommes bouche bée. Mais nous acceptons. Après tout, une fois n'est pas coutume, comme on dit. Et on ajouterait très justement qu'aucune fois subséquente ne risque d'être coutume à cet endroit non plus.

Voyant que Ben est habillé en yuppie ce soir (il revient de travailler), la serveuse s'excuse : «j'voulais pas vous insulter». Nous ne comprenons pas vraiment ses propos.

À part ce vol qualifié dont nous avons été victimes, le métro Cadillac nous aura procuré une soirée acceptable.

Métro-bar #9 : Lionel-Groulx

L'idée du rallye métro-bars est issue principalement d'une soirée de l'hiver dernier où nous nous étions notamment promenés autour du métro Lionel-Groulx, à la recherche d'un bar. Notre quête fut alors sans succès et nous avions préféré quitter les lieux et reprendre le métro vers ailleurs.

Depuis, nos techniques de recherche se sont raffinées et notre Mission est devenue plus importante à nos yeux. En ce dimanche soir, nous devons donc réussir. Heureusement, nous n'aurons pas à marcher beaucoup. Les quatre stations adjacentes à Lionel-Groulx (Atwater, Charlevoix, George-Vanier et Place-Saint-Henri) sont situées assez près. Et les artères commerciales ne pullulent pas. On parle essentiellement de Atwater et de Notre-Dame.


Il fait encore clair et beau. La rue Atwater n'est pas très prometteuse et nous savons qu'il y a un bar sur Notre-Dame, vers l'ouest. Le Bar Chez Pierre. Mais selon ce qu'on a déjà vu, les non-habitués se font intensément questionner du regard s'ils osent se pointer là. Ce sera notre dernier recours.


On s'engage donc sur Notre-Dame, d'abord vers l'est. Mais notre limite est non loin. Peu après la rue Vinet, on s'approche trop du territoire de la station Georges-Vanier. On revient sur nos pas. On n'aura vu que quelques restaurants, un antiquaire et divers commerces inintéressants.


De l'autre côté d'Atwater, ça bouge déjà plus. On passe devant une taverne sombre et visiblement peuplée. À la télé, du baseball. C'est en fait le documentaire de RDS sur les Expos de Montréal. C'est gagnant. Car après le baseball, il y a le hockey. À 20h.


On continue tout de même, pour évaluer s'il y a d'autres alternatives. L'incroyable flotte de voitures orange stationnées de part et d'autre de la rue Notre-Dame du restaurant New System, mythique dans le sud-ouest, nous fait sourire. Encore une fois, la présence de poulet nous donne faim.


Soudain, on l'aperçoit. Le Bar Chez Pierre, aussi glauque, peu invitant qu'on puisse l'imaginer. Mais oh! Il est tout juste de l'autre côté de la rue Bourget. Il faudra piger Place-Saint-Henri pour y aller. Et de toute façon, il semble fermé...


On prend une pause sur un banc de parc. Précisons que pendant la même journée, on était allé manger de la pizza à Saint-Lambert, observer des dinosaures au Madrid et boire une bière à Drummondville. Autour de nous, plusieurs jeunes gens parlant russe (on suppose), chevauchant tous des vélos très décriss se promènent sur Notre-Dame. Pourquoi? Qu'est-ce que ça veut dire. Ben voyons! La seule explication possible est évidente: c'est l'association des cyclistes russes amateurs de vieux vélos décriss du quartier Sud-Ouest à Montréal qui font leur réunion mensuelle...


On va finalement à la taverne sombre de tantôt (dont nous avons oublié le nom), où il y avait du baseball. Et qui dit baseball dit Labatt 50. «Le baseball Labatt 50 des Expos à Radio-Canada»!


La taverne est immense, peuplée de forts dignes représentants du quartier Saint-Henri. Plusieurs individus tétant leur bière seuls, d'autres saoulons qui s'engueulent, une barmaid qui fait semblait d'être leur amie, des va et vient constants... Le facteur olfactif nous confirme que nous nous trouvons dans une véritable taverne comme on n'en invente plus : ça sent le grand-papa.


Trois bars au total dans l'immense pièce. Mais un seul qui sert vraiment. Les deux autres bars servent juste pour leurs permis d'alcool supplémentaires, qui permettent d'avoir plus de machines de loterie vidéo. C'est cinq machines permises par bar. Oui, il y a quinze machines au total dans la place. Beau spectacle. Vivement que la game commence. Mais vont-ils mettre le son?


À 20 heures, 0 minute et 3 secondes, la barmaid lance au gérant: «Heille! Peux-tu mettre le son???». Sourire. On est au bon endroit! Un bon match encore une fois. Dustin Byfuglien fait sentir sa présence. Et les Labatt 50 descendent bien.


Un vieux monsieur qui a l'air d'une grenouille regarde deux bocks de bière perdre leurs bulles devant lui, deux pailles dans chacune, attablé probablement à la seule table d'où on ne peut voir aucun des nombreux téléviseurs. Allez savoir.


Une gang de chilleux entre au bar un peu plus tard, pour disparaître aussitôt dans le fond. Une visite à la salle de bain interrompt leur party de poudre. L'envie nous quitte furtivement et nous ressortons de la même façon.

La serveuse nous ignore totalement. Malgré les habitués qui récitent passionnément des réquisitoires contre la société en général, nous cessons assez rapidement d'être divertis.


N
ous quittons après deux périodes pour aller finir la soirée au Black Jack. C'est hors limite, mais nous avons déjà rempli notre mission pour ce soir.

Arrivé au Black Jack, malédiction. C'est rendu 5 à 2 pour Chicago. On est encore punis pour avoir abandonné notre mission. Mais l'intrigante barmaid du samedi soir est là. Celle qui a plus que quiconque l'air d'une vieille barmaid de 55 ans... en début de carrière. C'est à elle que devaient ressembler toutes les barmaids de taverne en 1970.


Notre fatigue nous rattrape toutefois bien assez vite. Et cette bière sera la dernière. Le match est fini. Vancouver s'est dégonflé pour perdre 6 à 3. Et le métro Lionel-Groulx ne restera pas mémorable dans cette aventure.

Métro-bar #8 : Verdun


Je l'attendais avec impatience : nous avons pigé la station Verdun mardi dernier, le 28 avril. Pour la première fois, j'ai pu me rendre au point de rendez-vous à la marche. Ça fait changement, après la soirée à Langelier.

C'est la première soirée métro-bar sans le Canadien, mais l'après-saison commence bien. Nous avons droit à deux matchs #7 ce soir. Le premier oppose les Capitals de Washington aux Rangers de New York, et l'autre voit les Devils du New Jersey affronter les Hurricanes de la Caroline. Ma prédiction : après ce soir, il n'y aura plus de hockey dans la région de New York jusqu'à l'automne.

Nous devons toutefois trouver un bar, et nous sommes à Verdun. La légende veut que l'ancienne ville de Verdun possède un règlement interdisant tout débit d'alcool sur son territoire. On fait souvent référence à une certaine «Loi Scott», pour désigner ce règlement. La loi permettrait à toute municipalité d'interdire l'ouverture de débits de boisson sur son territoire. Ce n'est pas exactement la vérité.

Un peu d'histoire
La loi Scott, en vérité la Loi de tempérance du Canada, trouva source en 1864, alors que le parlement du Canada-Uni adopta un règlement tel que décrit plus haut. Quatorze ans plus tard, la loi fut étendue à l'ensemble des provinces britanniques de l'Amérique du Nord (qui n'étaient pas encore toutes canadiennes).

En 1898, le gouvernement canadien posa la question suivante à ses citoyens par voie de référendum : «Êtes-vous favorable à la passation d'une loi défendant l'importation, la fabrication ou la vente de spiritueux, vins, bière, ale, cidre et de toutes autres liqueurs alcooliques comme breuvages?» L'option du OUI l'emporta par 51,2 % à l'échelle canadienne. Cependant, cette loi épeurante ne fut jamais adoptée par le parlement, notamment en raison de son rejet par une seule province... Le Québec fut seul à voter NON, par un massif 81,5 %.

Le gouvernement fédéral laissa les provinces décider elles-mêmes.

C'est ainsi qu'en 1919, au Québec, une question référendaire d'une orientation assez différente fut formulée : «Êtes-vous d'opinion que la vente des bières, cidres et vins légers, tels que définis par la loi, devrait être permise?» Le OUI l'emporta par 78,62 %, ce qui limita la prohibition provinciale aux spiritueux à partir de cette même année. Seules sept circonscriptions votèrent NON à ce référendum, dont celle de Huntingdon. Stéphane Gendron avait-il un arrière-grand-père militant?

À partir de ce moment, le Québec était le seul endroit au nord du Mexique où de l'alcool était vendu légalement.

Deux ans plus tard, la prohibition fut déjà abolie au Québec, et la Commission des Liqueurs du Québec vit le jour. Elle devint plus tard la SAQ et nous l'aimons tendrement.

De retour à Verdun
Verdun adopta un règlement en 1965 interdisant l'établissement de certains débits d'alcool à l'intérieur de ses limites, mais ce règlement fut abrogé en 1996. Conséquement, il y a des bars à Verdun. Probablement pour des raisons historiques, il y en a cependant très peu, et on trouve plusieurs vieilles tavernes immédiatement à l'extérieur des frontières de l'arrondissement.

Revenons à notre défi. Quoi qu'on puisse en penser, il n'y a pas un seul endroit où la rue Wellington est à une distance de marche inférieure du métro Verdun que d'un édicule du métro de l'Église. Au point où c'est le plus serré, ce dernier l'emporte par environ 40 mètres. Nous devons donc nous concentrer sur la rue de Verdun vers l'ouest.

Rapidement, il est clair qu'il n'y a que deux options. Le Billard Desmarchais est situé en haut d'un escalier long, brun et étroit. C'est horriblement winner : tables de pool (évidemment), plein de tables de poker – avec croupiers... – éclairage de cafétéria, la radio qui joue, et une TV... qui annonce le menu musical de la soirée. Ce serait écrit «réservé aux habitués» que ce ne serait pas plus clair. Pas de game. On s'en va.

On continue un peu vers l'ouest, pour la forme. Mais rapidement, on se rend compte que ça ne mène nulle part. Littéralement, puisqu'on approche du fleuve. On rebrousse chemin.

Le seul autre choix est le splendide Resto-Bar Nouveau Verdun. Je connaissais le resto-bar, mais c'est maintenant devenu un restaurant et un bar côte à côte. Il y a un mur entre les deux.

Nous sommes charmés. Marilyn la barmaid nous donne pratiquement la télécommande pour zapper entre les deux games et anime la discussion avec quelques habitués complètement saouls impressionnés que nous commandions de la Labatt 50. L'établissement apparaît très tout croche, à l'exception des toilettes, qui te font sentir important. Elles semblent avoir été rénovées hier. C'est trop propre, comme dans un hôtel.

On commence par regarder les Capitals mettre fin à la saison des Rangers. Puis nous sommes témoins d'une fin de match comme il ne s'en fait pas assez. Les Devils se dirigent vers une victoire de 3 à 2 contre les Hurricanes, au grand plaisir de Marilyn. Coup de théâtre : à une minute et vingt secondes de la fin du match, l'égalité est créée. Quarante secondes plus tard, Martin Brodeur est déjoué de nouveau et les Hurricanes prennent les devant.

Après ce soir, il n'y aura plus de hockey dans la région de New York avant l'automne. Mais il y aura dorénavant des sorties à Verdun. Cheers.

Sources :
Wiki (1), Wiki (2), Historica, Ville de Montréal.

Métro-bar #7 : Langelier



Une première incursion dans l’extrême-est de la ligne verte. Je l’attendais, celle-là. Les alentours des stations L’Assomption, Cadillac, Langelier et Radisson sont probablement parmi les plus étranges du réseau. La rue Sherbrooke dans ce coin-là ressemble au boulevard Taschereau et les rues transversales, résidentielles, semblent avoir toutes poussées en même temps, en 1974.

Le récit
C'est vers 17h30 le 20 avril que nous apprenons que la station Langelier sera notre destination dans le cadre de notre Mission. L'enjeu est de taille : c'est le troisième match de la série du Canadien contre les Bruins. La défaite pousserait le Canadien à un match de l'élimination.

En sortant du métro, la rue Sherbrooke semble prometteuse dans un sens et dans l'autre, mais les limites sont claires : pas plus loin que l'avenue de Carignan à l'ouest, et pas plus loin que le centre de l'avenue Haig à l'est, sans quoi on déborde en territoire des stations Cadillac ou Radisson. Histoire d'aller explorer un peu, on met le cap vers le sud sur Langelier.

Comme je l’ai dit, on est sur un tronçon résidentiel, qui est né en 1974 et qui a aussitôt figé dans le temps. Les gens qui habitent là ont presque encore hâte aux Olympiques...

On arrive au coin d'Hochelaga, où se termine le boulevard Langelier. En face, c'est le Musée du corps des magasins militaires, qui occupe la partie nord du grand territoire de la base militaire Longue-Pointe, des forces armées canadiennes.

Nous marchons vers l'est jusqu'à l'avenue Haig, et on le voit... Le bar Nul Part (sic). C'est très beau. Une façade de taverne absolument atroce, des fenêtres minuscules, pour être ben sûr de ne laisser entrer aucune lumière et un effort esthétique évident à n’afficher aucune forme de charme. Il ne manque qu’une enseigne «serveuses sexy».

Une discussion nous permet de constater qu'on n'est pas d'accord au sujet de l'appartenance de l'endroit au métro Langelier. Peut-être est-il sur le territoire de Radisson. Nos plans nous aident un peu et on décide d'abandonner et de revenir sur Sherbrooke par Haig. Les maisons de cette avenue sont majoritairement unifamiliales et très dépareillées. C'est un coin fort charmant, en somme. Nous rencontrons même une pépinière en cours de route. 

Nous reviendrons sur le bar Nul Part un peu plus loin.

De retour sur Sherbrooke, les espoirs de retirer quelque chose de cette zone commerciale s’amenuisent. Des restaurants inintéressants, un motel/restaurant chinois avec un bar fermé les lundis, on repasse devant la station Langelier, puis on voit un salon de quilles dans un centre d’achats et finalement, enfin, un bar de billards! Du côté nord de Sherbrooke, tout juste à l’ouest de... la rue De Carignan.

Une autre discussion s'engage afin de déterminer si c'est plus proche du métro Langelier ou de Cadillac. Le résultat est le même qu'il le fut pour le Nul Part : hors limite, ou trop incertain pour rendre une décision. Nous y reviendrons également un peu plus loin.

En marchant, nous avions vu un salon de quille dans la Centre Commercial Domaine, juste à côté de la station de métro. Nous y retournons, décidés à nous rendre à un bar dont nous connaissons l'existence, près de la rue Beaubien, si c'est un échec.

Finalement, juste à l'entrée du centre commercial, il est là : devant nous, le Resto Pub Aurora. Un restaurant de burgers et d’ailes de poulet avec des pichets de bière comme apéritif, accompagnement et digestif. C’est parfait. Pour le principe, on va quand même voir au bowling. 


C'est une soirée de ligues ce soir, et le salon est plein. Il n'y a que deux places assises (et occupées) devant la seule télé qui présente le match de hockey. Dans la section bar, il y a également un téléviseur... éteint, et datant des années 70. Les regards des nombreux joueurs nous donnent l'impression d'être tout aussi à notre place qu'un duo de gazelles dans un cabinet de dentiste. On oublie ça et on retourne au Aurora.


Si près de notre point de départ... Et ça se révèle exactement ce que nous cherchions : des télés partout, de la bière, et des vieux qui jacassent, dont un fanfaron qui prend pour Boston. Probablement un autre crétin qui va juste y aller pour le favori, peu importe la situation.

La parenthèse...
Il existe une seule bonne raison de ne pas souhaiter la victoire de l'équipe locale. Si vous habitez à Montréal, mais êtes originaires, mettons, du New Jersey, je peux comprendre que vous encouragiez les Devils. Par contre, un habitant de Pointe-Saint-Charles né à Ville-Émard, ça ne prend pas pour les Bruins, sauf pour se faire remarquer, ce qui est l'apanage d'un connard.

La seule exception à cette règle : un ancien partisan des Nordiques a le droit de continuer d'haïr le Canadien. Parce que nous aussi, on continue d'haïr les Nordiques. Fin de la parenthèse.

La discussion à l'Aurora
Le temps est aux questions concernant notre mission. Quelques points méritent d'être approfondis. Nous en parlons en regardant la défaite de 4 à 2 du Canadien.

Tout d'abord, nous constatons que notre dernier récit, au métro Mont-Royal, s'est révélé être le meilleur à date. Pas que la soirée ait été plus agréable (bien que je crois que ce fut le cas), mais surtout, nos comptes rendus respectifs ont atteint une complémentarité particulièrement appréciée.

Nous avons remarqué une constante lors de nos expéditions. Outre l'omniprésence de cimetières et de restaurants de déjeuners (et de Tim Hortons), nous semblons toujours nous diriger d'abord le plus loin possible avant de revenir sur nos pas. Nous pourrions explorer les environs immédiats des stations de métro et nous arrêter dès que nous trouvons quelque chose de potable, quitte à changer de place entre deux périodes si ça s'avère un flop. Puisque nous pigeons la station à peine une heure ou deux avant le match, nous appliquerons probablement cette nouvelle approche bientôt.

Le retour sur Nul Part
Je reviens maintenant sur les bars Nul Part et El Cid. Concernant ce dernier, j'avais raison, c'est environ 200 mètres plus proche de Cadillac. Le sens de la règle est plutôt «à quelle station débarquerions-nous pour aller à cet endroit». Dans ce cas, la réponse est claire. Par contre, Ben va probablement me fusiller en apprenant que le Nul Part est clairement 400 mètres plus proche de Langelier, en marchant.

C'est pourquoi nous devrons faire un ajustement dans notre équipement. Des connexions sans fil sont disponibles un peu partout et il serait pratique d'avoir un moyen de les utiliser pour vérifier les distances sur place, avec l'outil de mesure de trajet de Google Earth. Nous vous tiendrons au courant des développements à ce sujet, que ce soit un iPod Touch ou un netbook.

Le Canadien en six?
Finalement, le Canadien ne va pas très bien, c'est le moins qu'on puisse dire. Jusqu'à présent, notre défi impliquait les matchs de l'équipe locale, et nous aurions aimé que ça dure jusqu'en juin. Cependant, bien que je n'aie personnellement jamais jeté la serviette avant la fin, il faut parler de l'après. Étant donné mon emploi du temps et celui de Ben, la prochaine pige n'aura pas lieu avant le 28 avril. Ce sera la game 7 de la série, si le miracle se produit. Sinon, on fait quoi?

Les matchs des séries éliminatoires sont tous présentés à la télé. Nous continuerons donc sans le Canadien s'il le faut, puisque cette Mission doit être menée jusqu'au bout. D'ici la fin des séries, nous utiliserons à peu près les mêmes règles, à l'exception du fait que le match présenté pourra opposer n'importe quelles équipes. Ce n'est pas encré dans le béton. Mais je crois qu'il s'agit du meilleur scénario envisageable pour l'instant. Après la Coupe, on verra. Mais on n'arrêtera pas sous prétexte que c'est l'été. On a l'Impact, on a les Alouettes, il y a des courses de F1... Et nous avons déjà une idée des critères hors saison. Nous vous en parlerons en temps et lieux.

Il n'est plus possible que ma prédiction des Canadiens en six se réalise, mais je garde espoir pour la victoire. Je sais, c'est très improbable, mais ce n'est pas complètement impossible. Au pire, j'accepterai de couler avec le bateau. C'est la faute de Ted le canard, tout ça...

Bon.

Métro-bars #1 : Guy-Concordia (par Raton)

En guise d'introduction, voici de quoi il s'agit : périodiquement, Ben et moi-même pigerons au hasard une station de métro un soir de match du Canadien, et trouverons à partir de cette station un endroit où regarder la game.

La préparation est nulle, la pige, finale. Toutes les 68 stations du métro montréalais sont éligibles.

Chaque coin de béton, de gazon, de terre ou de garnotte mérite qu'on s'y attarde un moment lorsqu'on aime cette ville. Nous en connaissons déjà des grands bouts, mais nous avons la conviction qu'en nous projetant aléatoirement sur un coin de rue ou un autre, et en faisant un minimum de marche, il sera chaque fois possible de découvrir des endroits qui en valent la peine.

Notre version de «se projeter aléatoirement» consiste donc à piger des stations de métro et à marcher dans leurs environs jusqu'à trouver un endroit qui sera notre maison pour une soirée. Premier arrêt : Guy-Concordia, le mardi 24 février dernier. Les Canucks rendaient visite au Canadien.

À priori, nous connaissions deux endroits à proximité de cette station de l'ouest du centre-ville : le Sharx Pool Bar et la rue Crescent. Cette dernière étant davantage en territoire appartenant à Lucien-L'Allier, et le Sharx étant déjà connu, nous avons sillonné les quelques rues de l'entourage sud-est immédiat de la station de métro, ouvrant l'oeil à la recherche d'un havre muni de bière et d'une TV.

Notre marche nous a menés sur Mackay jusqu'à René-Lévesque, puis sur Guy en remontant vers Sainte-Catherine. Chemin faisant, nous avons rapidement écarté l'idée d'aller voir si quelques étrangers n'avaient pas envie de partager le match avec nous à l'auberge de jeunesse Hi-Montréal. Presque en face, la curieuse structure circulaire surplombant l'entrée de l'Hôtel Maritime a aussi brièvement attiré notre attention.

Cependant, c'est tout juste en face du Couvent des Soeurs Grises, sur Guy, que nous avons finalement trouvé ce qui allait devenir notre refuge de la soirée, leAndrew's Pub.

Il s'agit d'un pub/taverne dans un sous-sol, où la sympathique barmaid a augmenté le volume de la télé tout en nous offrant de la grosse Labbat 50 à un prix abordable. Le popcorn gratuit a constitué un avantage louable, mais gare à votre lobe frontal en revenant des toilettes, car le plafond et la dernière marche ont un petit problème d'alignement qui pourrait vous octroyer un aller simple vers le sol.

Tout comme le Canadien, qui a gagné 3-0 ce soir-là, ce fut une splendide victoire pour Guy-Concordia. Nous retournerons aussi probablement chez Andrew, car nous y avons trouvé le confort qu'on espère d'un bar, l'accueil chaleureux qu'on recherche chez une barmaid, et les murs en bois qu'on voudrait voir partout (sauf là où il y a des murs en brique).

Pistes d'exploration dans les environs : le nord de la station, où la rue Guy devient le chemin de la Côte-des-Neiges; l'ouest immédiat du métro, les rues Saint-Mathieu, Saint-Marc; est-ce qu'il y a un bar dans l'université Concordia?

(pour voir les commentaires du billet original, rendez-vous ici)

Métro-bars #1: Guy-Concordia (par Ben)

Quelqu’un comme moi qui s’intéresse à ce point au monde municipal doit parfois être assez imaginatif pour satisfaire sa soif de connaissances. L’actualité politique et les ouvrages historiques traitant des villes et des quartiers ne sont pas ce qu’il y a de plus abondant. On doit trouver d’autres façons de découvrir des quartiers qu’on pense connaître, sans que ça ne soit vraiment le cas.

Parallèlement, aller boire une bière toujours au même bar, c’est bien. Mais chercher à découvrir des endroits différents, c’est bien aussi. Sauf qu’il nous faut une motivation, un prétexte pour dire: ce soir, je vais ailleurs. Et encore, aller où?

De cette réflexion est issue l’idée du rallye métro-bars, une activité que j’ai amorcée récemment avec nul autre que mon ami Raton. Rien à voir avec ces amis ratons... Celui-là est toujours prêt à me suivre dans un projet de la sorte, fort peu attrayant pour la plupart des gens, mais taillé sur mesure pour des gens comme nous.

L’idée est donc simple. On pige au hasard le nom d’une des 68 stations du réseau de métro montréalais, on s’y rend et on trouve un établissement inconnu pour y regarder la game de hockey. Quelques règles sont à respecter. On ne prend pas l’autobus rendu à la station en question et on ne marche pas délibérément en direction d’une autre station de métro. L’endroit trouvé doit avoir comme station de métro la plus près celle que nous avons pigée.

La première expérience s’est donc tenue le mardi 24 février dernier et c’est le métro Guy-Concordia qui est sorti du chapeau.

Situé à l’extrémité ouest du centre-ville touristique, le métro Guy-Concordia présente un très fort potentiel en termes de bars. Nous en connaissions déjà quelques-uns, mais évidemment, le but est de faire une découverte. Malgré le froid, nous avons donc tourné en rond pendant une quinzaine de minutes, en prenant le temps de se perdre dans un stationnement qui mène nulle part. Après s’être pratiquement rendu jusqu’au Centre Bell, on revient vers le rue Guy où on s’est finalement arrêté au Andrew’s Pub. Une sorte de taverne de quartier assez grande pour accueillir 150 clients, mais en hébergeant seulement 1 ou 2 quand nous sommes arrivés. Un endroit charmant et sans prétention dans un quartier qui propose trop souvent le contraire.

Le choix de bières de l’endroit ne nous laisse d’autre alternative que d’y aller avec des grosses Labbat 50. Et la serveuse nous donnait du pop corn. Ce fut donc un excellent endroit où regarder la victoire de 3-0 du Canadien face aux Canucks, le but majestueux de Tomas Plekanec et les plaques de char étrangères accrochées au mur. Vraiment, un endroit insoupçonné, à quelques mètres de l’étouffante rue Crescent.

Preuve que les apparences trompent trop souvent. En creusant un peu, on trouve souvent mieux. Ce quartier - et ce bar - sont sans aucun doute à revisiter.